Un amour de réseaux... (Photo Nuno Santos)
Le spectacle nous vient de Grande-Bretagne. Présenté par la compagnie Protein et son directeur Luca Silvestrini, porté par le British Council, parrain de sa tournée régionale (Tunisie, Maroc, Égypte, Palestine et Liban), et Maqamat Dance Theater, il a été présenté pour deux soirées consécutives au théâtre Babel, Hamra.
Il s’intitule LOL (Lots of Love), en référence au fameux acronyme «lol». Pour ceux qui étaient déconnectés les quinze dernières années, il s’agit d’une abréviation utilisée dans le langage Internet ou SMS, symbolisant «laugh(ing) out lout» (rire à voix haute), devenu «mdr» pour sa traduction française, signifiant mort de rire. Alors voilà. Rédiger un compte rendu d’un spectacle axé sur les relatons virtuelles, les amitiés facebokiennes, les flirts sur les sites de rencontres, bref sur l’amour dans le cyber-espace, la tentation est grande d’adopter quelques idiomes du langage des indigènes, celui de la cybernétique. Pourquoi pas, au fond. Pour une fois que le sujet s’y prête.
Kesaco? Sur les planches, rien, nada. Comme fond de scène, des écrans sur lesquels sont projetés des visages, des portraits d’internautes pris par une cyber-caméra. Six danseurs exécutent dans une série de saynètes une composition qui n’hésite pas à varier les genres: réflexions philosophiques, farce burlesque, scènes de comptoirs, poésie... Cette alternance convulsive et jubilatoire implique, on s’en doute, une souplesse intellectuelle et physique, de même qu’une richesse d’invention de la part du comédien. Sans oublier le double effort de concentration de la part du spectateur qui navigue entre la danse et les paroles, l’une le distrayant de l’autre. Un clin d’œil, de la part de son créateur, sur la rapidité, le «speed» du flux d’informations dans le monde virtuel. Où les relations, les amitiés se font et défont sur le clic d’une souris ou la touche «efface» d’un clavier. Les personnages racontent en mots leurs statuts sur les réseaux sociaux, mais leurs corps, leurs mouvements expriment souvent le contraire des paroles. Comme l’hypocrisie ou les faux-semblants qui régissent nombre de tchats online. Le tout présenté avec un humour décapant, provoquant nombre de lols et de smileys de la part des spectateurs.
Les corps s’unissent et se désunissent, formant un chœur étonnant où se mêlent les souffles, les lambeaux de phrases, les mots à peine formulés, les onomatopées, sur une musique originale de Andy Pink, incluant parfois (belle touche) des claquements de claviers. Le tout s’appuie sur une chorégraphie mécanique et répétitive, où les corps jouent la récurrence et la similarité des gestes du quotidien online.
LOL, une source de réflexion sur la langue, sur la danse et surtout la condition même de l’internaute, non au sens existentiel du terme, mais dans le rapport conflictuel qu’il entretient avec ses tiers dans le monde virtuel. Ce monde qui, mises à part toutes ses qualités positives ou négatives, sert aussi de lieu de rendez-vous pour «âmes en peine».
Il s’intitule LOL (Lots of Love), en référence au fameux acronyme «lol». Pour ceux qui étaient déconnectés les quinze dernières années, il s’agit d’une abréviation utilisée dans le langage Internet ou SMS, symbolisant «laugh(ing) out lout» (rire à voix haute), devenu «mdr» pour sa traduction française, signifiant mort de rire. Alors voilà. Rédiger un compte rendu d’un spectacle axé sur les relatons virtuelles, les amitiés facebokiennes, les flirts sur les sites de rencontres, bref...

