"Nous n'intervenons absolument pas dans les affaires intérieures de la Syrie", a affirmé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Ramine Mehmanparast en réponse à une question lors de son point de presse hebdomadaire.
Les Frères musulmans de Syrie ont accusé lundi la Russie, la Chine et l'Iran d'être "complices des massacres" commis dans le pays contre la population en fournissant au régime de Bachar al-Assad "soutien" politique et "armes".
Téhéran, qui a toujours démenti toute intervention de ses forces ou livraison d'armes en Syrie, considère en revanche que "l'intervention des autres pays met en danger la stabilité et la sécurité de la Syrie", a ajouté M. Mehmanparast.
Par ailleurs, selon l'agence officielle Irna, le vice-ministre des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian devait se rendre mardi à Damas pour discuter avec les responsables syriens "des relations bilatérales et des questions régionales"
L'Iran est le principal allié de la Syrie dans la région et, tout en appelant Damas à des réformes et au "dialogue", il s'est gardé jusqu'à présent de condamner la répression des manifestations qui aurait fait plus de 6.000 mort depuis la mi-mars, selon des militants.
Téhéran a en revanche réaffirmé à de nombreuses reprises son soutien au régime syrien, accusant les Occidentaux et certains pays arabes de chercher à le renverser par la force.
M. Mehmanparast a salué à cet égard Moscou et Pékin pour leur veto samedi à une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies condamnant la Syrie.
"L'objectif de certains pays (...) a été mis en échec grâce au sens des responsabilités de la Russie et de la Chine. Ces pays (occidentaux et arabes) cherchaient à préparer le terrain pour intervenir politiquement et militairement en Syrie en vue de détruire le front de la résistance (NDLR: contre Israël) et d'assurer la sécurité du régime sioniste", a estimé M. Mehmanparast.
M. Mehmanparast a également critiqué la position de la Turquie qui demande avec une instance croissante le départ du président Assad.
"Certains responsables turcs font de faux calculs sur la Syrie et devraient avoir une meilleure connaissance de ce pays. Nous pensons que la meilleure solution est de créer un climat pour le dialogue, les réformes, le refus de la violence et de l'intervention des autres pays", a-t-il dit.
Le vice-Premier ministre turc Bülent Arinç a ouvertement dénoncé dimanche le mutisme observé par l'Iran à propos de la Syrie.
"La République islamique d'Iran, c'est à toi que je m'adresse: je ne sais pas si tu es digne de porter le mot Islam mais as-tu dit une seule phrase sur ce qui se passe en Syrie ?", a-t-il déclaré lors d'une réunion politique.

