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Culture - Installation

Hala Younès apprivoise le « Waterfront »

À l’espace The Hangar/Umam D&R et sur fond sonore signé Christophe Hauser, Hala Younès a réalisé une performance vidéo et sonore. Questionnant le devenir du front de mer, « Waterfront » déroule par vagues la mémoire collective.

Les vagues se brisant dans les caissons du front de mer réveillent des souvenirs. (Photo Sami Ayad)

Diplômée d’architecture en 1993, Hala Younès obtient un DEA de géographie en 1997 de l’Université de Paris IV. Depuis, elle poursuit une pratique professionnelle entre Paris et Beyrouth. Elle est notamment cosignataire des projets du Hilton sur le front de mer en 2007 et de l’UFR (Unité de formation et de recherche) de sciences humaines sur le campus Villejean à Rennes en 2011. Elle a également enseigné à l’École d’architecture de la ville et des territoires à Paris, ainsi qu’à l’Université américaine de Beyrouth.

Réécrire l’histoire
C’est le regard que Hala Younès jette sur l’urbain, l’environnement et l’histoire des lieux qui l’incite à réaliser ce projet. «Contrairement à la marina de Zeitouné déjà surchargée d’enseignes et ne permettant plus une certaine rêverie contemplative, la digue longue de deux kilomètres qui consolide le remblai de la baie du Normandy est toujours un territoire vierge. Et bien que les promeneurs ont déjà envahi le côté supérieur, ce bras de terre leur demeure défendu, explique Younès. En me baladant sur ce front de mer, je me suis souvent interrogée : comment faire pour que ce lieu soit apprivoisé par les habitants de la ville?»
Comment se l’approprier, se demandera encore l’architecte, alors que cet ouvrage, similaire à une fortification, à un bastion défensif, a enterré sous le béton toute trace de souvenir? En effet, les vagues qui déferlent dans ce lieu sont «broyées dans le brise-lames gigantesque en contrebas du sol urbain».
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Nos sens ont toujours contribué à réveiller notre mémoire endormie. Pour ce travail d’archiviste, Hala Younès a opté pour le sens auditif et c’est à travers l’ouïe qu’elle compte récupérer des réminiscences de la mémoire.
En enregistrant les bruits émis par les vagues qui viennent se briser dans les caissons et en les adaptant à un plan fixe de cette même image multipliée par six, Hala Younès est parvenue à susciter des ondes sismiques dans l’inconscient collectif de la ville.
«Ce bruitage n’aurait pas été possible sans l’aide de Christophe Hauser qui était venu au Liban pour assurer la captation», précise Younès. Et de poursuivre: «Monica Borgman, responsable du Hangar qui accueille cette performance, a également participé à faire de ce projet un travail abouti. Ayant aperçu mon «Work in Progress» lors du festival Samir Kassir, elle lui a ajouté des bruits de la mer plus familiers qu’elle avait enregistrés durant la guerre.» «On peut les entendre, enchaîne l’architecte, à l’aide d’écouteurs mis à la disposition des visiteurs devant un plan fixe de la mer, mais vu du large.»
Sons caverneux, presque préhistoriques, rappelant des troupeaux de baleines, des monstres sauvages, ou même les bombes d’antan, c’est en vase clos dans cet espace aménagé pour la circonstance – des crayons et papiers sont mis à la disposition des visiteurs pour tout commentaire – que chacun pourrait identifier ses fantasmes, faire remonter les rêves enfouis et réécrire sa propre mémoire.
Atlantide disparue? Terra incognita que chacun pourrait reconnaître. Un travail de reconstruction de la mémoire auquel contribueront tous les souvenirs croisés des promeneurs. Il est parfois des mirages qui portent un nom.

* The Hangar/Umam D&R, Haret Hreik, boulevard Ghobeiry, à côté de la mosquée al-Mahdy. Jusqu’au 26 février. Ouvert du mercredi au dimanche de 14h à 20h. Tél. : 01/553604.
Diplômée d’architecture en 1993, Hala Younès obtient un DEA de géographie en 1997 de l’Université de Paris IV. Depuis, elle poursuit une pratique professionnelle entre Paris et Beyrouth. Elle est notamment cosignataire des projets du Hilton sur le front de mer en 2007 et de l’UFR (Unité de formation et de recherche) de sciences humaines sur le campus Villejean à Rennes en 2011. Elle a également enseigné à l’École d’architecture de la ville et des territoires à Paris, ainsi qu’à l’Université américaine de Beyrouth.Réécrire l’histoire C’est le regard que Hala Younès jette sur l’urbain, l’environnement et l’histoire des lieux qui l’incite à réaliser ce projet. «Contrairement à la marina de Zeitouné déjà surchargée d’enseignes et ne permettant plus une certaine rêverie contemplative, la...
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