Le Nigeria, premier producteur pétrolier d’Afrique et 8e exportateur mondial avec 2,1 millions de barils par jour, a connu au cours du mois de janvier une crise qui a révélé au monde ses paradoxes structurels. En effet, malgré ses importantes réserves de brut, sa capacité de raffinage est faible. Le pays est donc obligé d’importer la majeure partie de sa consommation de carburant. Or, le prix du marché n’est pas accessible aux consommateurs d’une économie comme celle du Nigeria. Les subventions jouent donc un rôle essentiel pour le rendre plus « réaliste ». Elles s’élevaient à 8 milliards de dollars en 2011. Cette somme, faramineuse pour le pays, pourrait être utilisée ailleurs, en vue de moderniser les infrastructures. Ainsi, le 1er janvier, le président Goodluck Jonathan a décidé de supprimer ces subventions, entraînant une hausse de plus de 100 % des prix à la pompe. Bernard Caron, spécialiste du Nigeria, résume clairement la situation qui se posait alors : « C’était au niveau macroéconomique une décision évidente, car le prix du pétrole était largement sous-évalué, d’une part. Mais, d’autre part, les répercussions sur toute la population auraient été immédiates et atroces, car le Nigeria est un grand pays et les transports se font par la route. Dans des grandes villes comme Lagos ou Abuja, c’est plusieurs heures de déplacement par jour. » Une grève générale s’est alors mise en place à l’appel des syndicats, paralysant le pays dès le 9 janvier. Après des manifestations de plusieurs dizaines de milliers de personnes dont certaines ont dégénéré, faisant une quinzaine de morts, le président Goodluck Jonathan et les représentants du mouvement se sont assis à la table des négociations pour parvenir à un accord le 16 janvier, vers une baisse de 30 % du prix de l’essence. Malgré l’annonce de la fin de la grève par les syndicats, le gouvernement a dépêché l’armée pour juguler violemment les velléités de permanence du mouvement, qui ne s’est pas complètement estompé. Le Nigeria a déclaré avoir perdu 1,3 milliard de dollars au cours de ce mouvement social.
Le Nigeria, premier producteur pétrolier d’Afrique et 8e exportateur mondial avec 2,1 millions de barils par jour, a connu au cours du mois de janvier une crise qui a révélé au monde ses paradoxes structurels. En effet, malgré ses importantes réserves de brut, sa capacité de raffinage est faible. Le pays est donc obligé d’importer la majeure partie de sa consommation de carburant. Or, le prix du marché n’est pas accessible aux consommateurs d’une économie comme celle du Nigeria. Les subventions jouent donc un rôle essentiel pour le rendre plus « réaliste ». Elles s’élevaient à 8 milliards de dollars en 2011. Cette somme, faramineuse pour le pays, pourrait être utilisée ailleurs, en vue de moderniser les infrastructures. Ainsi, le 1er janvier, le président Goodluck Jonathan a décidé de supprimer ces...
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