Ces heurts se sont déroulés dans la province du Guangdong (sud), où est concentrée une part importante de l'industrie manufacturière chinoise travaillant pour les exportations, et où une série de conflits sociaux ont éclaté ces dernières semaines.
Selon un habitant local identifié sous le nom de M. Zheng, les violences ont éclaté après qu'environ 10.000 personnes se furent rassemblées pour bloquer une autoroute.
"Au moins 200 policiers anti-émeute ont accouru et frappé au hasard, au moins six personnes ont été blessées", a déclaré un autre manifestant qui a tenu à garder l'anonymat.
Déjà mardi les protestataires avaient tenté de couper la circulation sur cette autoroute et d'investir des bâtiments gouvernementaux. Les policiers avaient frappé brutalement les protestataires et les avaient repoussés avec des gaz lacrymogènes, selon des témoins.
Des manifestants parlant par téléphone à l'AFP ont affirmé qu'un adolescent de 15 ans ainsi qu'une femme avaient trouvé la mort. Selon la télévision Oriental TV, basée à Hong Kong, ces violences ont fait six morts et près de 200 blessés parmi les habitants. L'AFP n'a pas été en mesure de confirmer ces faits de façon indépendante.
L'environnement est souvent sacrifié en Chine sur l'autel de la croissance et de l'industrialisation et il n'est pas rare que des pollutions industrielles soient à l'origine de soulèvements.
La ville de Haimen se trouve à environ 115 kilomètres au nord-est de Wukan, un village actuellement en rébellion contre les dirigeants locaux qu'ils accusent de corruption, mais il n'est pas évident que ces deux poussées de fièvre soient liées.
Ces événements évoquent en tout cas d'autres récentes manifestations violentes en Chine, particulièrement dans le Guangdong où des dizaines de millions d'ouvriers migrants font tourner les usines de "l'atelier du monde".
Ces troubles mettent à mal le thème central de "société harmonieuse" que tente de promouvoir le pouvoir chinois, alors qu'une nouvelle génération de leaders communistes doit prendre ses fonctions l'an prochain.
Les recherches sur l'internet contenant le mot "Haimen" étaient censurées mercredi.


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