"Les auteurs de désordres seront jugés par des tribunaux militaires et les soldats pourront procéder à des arrestations", a précisé le communiqué. Jusqu'à présent, les Israéliens auteurs de délits en Cisjordanie devaient être arrêtés par la police et non l'armée. Ils passaient en jugement devant des tribunaux civils en Israël.
Ces mesures visent des colons radicaux et des extrémistes de droite qui ont multiplié ces derniers jours les provocations en pratiquant une politique de représailles systématiques --dite du "prix à payer"-- qui consiste à attaquer des cibles palestiniennes mais aussi des soldats à chaque fois que les autorités israéliennes prennent des mesures qu'ils jugent hostiles à la colonisation.
Une cinquantaine d'activistes se sont livrés dans la nuit de lundi à mardi à des exactions dans une base israélienne en Cisjordanie, une provocation d'une gravité sans précédent contre l'armée, pour laquelle 15 personnes étaient en détention, des mineurs pour la plupart.
Parmi les autres mesures répressives adoptées par le Premier ministre figurent l'annonce que les autorités vont procéder à des arrestations administratives "immédiates", l'augmentation des ordres d'éloignement de Cisjordanie ainsi que l'augmentation des effectifs et des moyens pour mener les enquêtes contre les extrémistes, a ajouté le communiqué.
M. Netanyahu s'est toutefois refusé d'assimiler les auteurs de désordres juifs à des "terroristes". "Il est important de souligner qu'il ne s'agit qu'un petit noyau qui ne représente pas la majorité des habitants de Judée-Samarie (Cisjordanie) qui dénoncent les atteintes à l'ordre public", a ajouté le communiqué.
"Ceux qui lèvent la main sur des soldats ou des policiers seront punis sévèrement", a prévenu le Premier ministre. Selon lui, ces fauteurs de désordres seront désormais traités de la même façon que les manifestants qui se réunissent à Bilin en Cisjordanie.
Le village palestinien de Bilin près de Ramallah est devenu un des hauts lieux de la contestation contre la clôture érigée par Israël en Cisjordanie. Chaque vendredi des manifestations de protestation, auxquelles participent des Palestiniens et des militants d'extrême-gauche israéliens et étrangers ont lieu. L'armée israélienne utilise régulièrement des gaz lacrymogènes et parfois de balles en caoutchouc pour disperser les manifestants.
La dernière exaction des extrémistes en date s'est produite dans la nuit de mardi à mercredi lorsqu'une mosquée désaffectée a été visée par des vandales à Jérusalem-ouest. Des inconnus ont peint des graffitis anti-arabes --comme "Un bon Arabe est un Arabe mort"-- et anti-musulmans sur les murs extérieurs de ce bâtiment.
Plusieurs mosquées de Cisjordanie, et récemment d'Israël, ont été la cible depuis deux ans d'attaques similaires, systématiquement dénoncées par les autorités israéliennes, mais dont les auteurs ne sont quasiment jamais retrouvés et traduits en justice.


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