«La lutte».
Charles Andraos, Antoine Mansour, Chawky Frenn, Marie-Joe Raïdy, Samir Muller, Alexandre Zerbé, Rethy Tambougi, Rita Adaïmy, ainsi que Samir Abi Rached et Cynthia Nouhra font côtoyer leurs techniques et médiums dans ce nouvel espace lumineux aménagé pour recevoir des artistes de divers milieux, créant ainsi un véritable
dialogue.
Si Charles Andraos s’attarde sur des figures tant mythologiques que religieuses ce n’est que dans un but symbolique, pour créer un langage visuel de l’âme. Artiste autodidacte, ayant à son actif de nombreuses expositions au Liban et en Argentine, Andraos représente les anges, leur duel. Pas de mosquées ni d’églises sur ses toiles, mais simplement une lumière diffuse qui nimbe les personnages presque sans visage et une forte impression d’au-delà.
Pour sa part, Antoine Mansour croit au libre choix de chaque être. Chacun peut dessiner son propre destin jour après jour. L’acte devient ainsi action. Il parvient à produire par un jeu d’oppositions une série d’œuvres qui prêtent à la réflexion. Pour pouvoir appartenir à l’universel, il faudra pour Antoine Mansour se détacher du temporel. Le peintre, issu du milieu d’arts décoratifs, a commencé par s’initier au trompe-l’œil avant d’entamer cette recherche métaphysique à l’échelle picturale. Chawky Frenn exprime aussi sa recherche de l’unité au milieu du chaos et de l’absurdité. «Mes images sont-elles des illusions de réalité?», s’interroge-t-il. C’est en 1981 qu’il s’installe aux États-Unis laissant un Liban dévasté par la guerre. Ses œuvres sont habitées par cette question constante sur l’humanité de l’homme. Quoique teintées de noirceur, les images qu’il reflète soutiennent les propos de Nietzsche concernant l’art: «Il n’y a pas d’art pessimiste, l’art est une affirmation.» «Mon art est une confrontation, non une évasion», poursuit Frenn qui croit fermement que l’art peut briser les frontières et créer une nouvelle chaîne
humaine.
Quant à Cynthia Nouhra, à la fois galeriste et artiste, elle tente de reproduire, par l’étude des couleurs, les différents états de la philosophie soufie. Une musicalité de la couleur transparaît de ses toiles abstraites, plongeant le regard dans différentes émotions
intérieures.
D’autres œuvres viennent parachever cette vision du monde ou la compléter tant dans la céramique de Samir Muller ou les sculptures de Rethy Tambourgi, ou encore le travail de Marie-Joe Raïdy. Une plateforme nouvelle où ces artistes peuvent s’exprimer et partager leurs expériences par l’art.
L’exposition se prolongera jusqu’au 23 décembre.
* Galerie Cynthia Nouhra, Tahwita, Furn el-Chebback. Du lundi au vendredi, de 11h à 19h, et les samedis de 11h à 14h. Tél. : 03/186294.


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