Deux passants ont également été blessés dans cette explosion d'une bombe dissimulée sur le bas-côté de la route qui a été déclenchée au passage de la Jeep des soldats de l'ONU en périphérie de Tyr (80 km au sud de Beyrouth), a déclaré un responsable des services de sécurité sous couvert de l'anonymat.
Un des soldats a été grièvement blessé au visage, a indiqué l'armée libanaise alors que l'état-major des armées à Paris a précisé que quatre des Français blessés ont été "très légèrement touchés" et le cinquième "un peu plus sérieusement" atteint, sans que ses jours soient en danger.
L'état de santé des deux civils n'était en revanche pas connu.
Selon un porte-parole de la Force de l'ONU déployée dans le sud du Liban (Finul), Andrea Tenenti, les Casques bleus ont été transportés à l'hôpital local, et une enquête est en cours.
Un correspondant de l'AFP a vu trois des militaires, une femme et deux hommes, la tête bandée, près de leur véhicule très endommagé. La violente explosion a creusé un cratère profond d'un mètre.
La Finul, créée en 1978 afin de surveiller la frontière entre le Liban et Israël, compte 12.100 hommes. La France en est l'un des plus gros contributeurs, avec 1.300 soldats.
Le président Sleimane a dénoncé dans un communiqué une "attaque terroriste" visant à pousser les troupes françaises "à quitter le Liban pour laisser le champ libre à d'autres attaques terroristes".
"Les services de sécurité libanais feront tout pour trouver et arrêter ceux qui sont responsables de cette explosion et empêcher de telles tragédies à l'avenir", a promis le président libanais, en visite officielle en Arménie.
Selon le Premier ministre, Najib Mikati, l'attaque vise "la stabilité et la sécurité du Liban".
A Paris, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a affirmé que la France était "déterminée à poursuivre son engagement au sein de la Finul" et ne se laisserait "pas intimider par des actes aussi ignobles".
Ces dernières années, des patrouilles de la Finul ont été touchées à plusieurs reprises par des bombes posées sur le bord des routes.
En mai, six Casques bleus italiens avaient été blessés par une bombe à Saïda (sud). Et le 26 juillet, toujours à Saïda, six Casques bleus français avaient été blessés par une explosion similaire à celle de vendredi. Ces deux attentats n'avaient pas été revendiqués.
Cette nouvelle attaque intervient alors que politiques et diplomates soulignent le risque que les violences en Syrie voisine, où le régime réprime dans le sang un soulèvement depuis neuf mois, gagnent le Liban, dont le gouvernement est dominé par le parti armé Hezbollah, allié de Damas.
Le député Marwan Hamadeh, membre de l'opposition pro-occidentale, a accusé le régime syrien d'avoir commandité l'attentat.
"Pour moi, le message est clair. Ce sont les Syriens (qui sont derrière l'attaque, NDLR) et le postier est le Hezbollah", a-t-il déclaré à l'AFP. "Rien ne se passe là-bas sans l'approbation du Hezbollah", a-t-il estimé.
Un responsable du Hezbollah, joint par l'AFP, n'a pas souhaité réagir.
L'attentat de juillet avait poussé le président français Nicolas Sarkozy à envisager une remise en question de la présence présence française au sein de la Finul en cas de nouvel attentat. Ce à quoi M. Mikati avait répondu qu'il souhaitait "fortement" que la France maintienne sa participation.

