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La Syrie compte sur l'Irak et le Liban pour survivre aux sanctions

La Syrie, sous le coup de sanctions sans précédent des pays occidentaux et arabes, ne manquera pas de se tourner vers le Liban et l'Irak, qui peuvent devenir des couloirs économiques pour leur voisin en pleine crise, sans pour autant violer les sanctions, selon des experts.

"Le Liban et l'Irak pourraient devenir les poumons de la Syrie, d'une certaine façon, et lui permettre de continuer à respirer malgré les sanctions", explique Lahcen Achy, analyste économique au centre Carnegie pour le Moyen Orient.

La Ligue arabe a approuvé une série de sanctions, les plus sévères jamais adoptées par l'organisation envers l'un de ses 22 pays membres, contre le gouvernement de Bachar al-Assad, pour protester contre la violente répression de la révolte populaire qui agite le pays depuis huit mois et demi.

Ces sanctions --que ni le Liban ni l'Irak n'ont approuvées-- prévoient notamment un gel des transactions commerciales avec le gouvernement syrien, et une suspension de tous les vols entre Damas et les pays arabes.

La Turquie a emboîté le pas en décrétant un gel des transactions avec Damas et entre les banques centrales turque et syrienne. Les Etats-Unis et l'Union européenne ont eux aussi alourdi leurs sanctions envers le régime.

Pour l'économie syrienne, qui souffrait bien avant la révolte d'un important taux de chômage et d'une faible croissance, la seule planche de salut pourrait bien être ses voisins, qui devront cependant prendre des précautions pour éviter de s'attirer les foudres de la communauté internationale.

"Les commerçants et hommes d'affaires syriens peuvent ainsi déposer du liquide dans les banques libanaises, soit directement soit en passant par des ressortissants libanais", explique M. Achy. "Cependant, toute violation flagrante des sanctions n'apporterait au Liban que des pressions et des soucis supplémentaires".

Si les vols vers Damas venaient à être interrompus, les aéroports libanais et irakiens pourraient voir leur trafic augmenter, les voyageurs décidant d'y atterrir afin de se rendre en Syrie en voiture.

Les sanctions "auront un impact, mais rien d'incontournable", estime Mohammed Shamseddine, du centre de recherche Information International, basé à Beyrouth.

"Tous les biens qu'il est interdit d'exporter vers la Syrie seront envoyés au Liban, pour y être transférés vers la Syrie".

"Le Liban pourrait devenir en matière de commerce l'arrière-cour de la Syrie, par où tous les produits entrent et sortent du pays", explique M. Shamseddine.

Le ministre de l'Economie libanais Nicolas Nahas a confirmé la semaine dernière à l'AFP que le gouvernement, dominé par le Hezbollah pro-syrien, appliquerait les sanctions envers Damas. Mais le ministre des Affaires étrangères a fait savoir le contraire.

Autre signe que le Liban prend ses distances: le gouverneur de la Banque centrale (Bdl) Riad Salameh a indiqué récemment que Damas n'avait pas déposé de fonds à la Bdl.

Plusieurs haut dirigeants du secteur bancaire libanais ont par ailleurs indiqué à l'AFP qu'ils étaient particulièrement vigilants quant à l'ouverture de nouveaux comptes et aux transactions sur les comptes détenus par des Syriens, au point de refuser de nouveaux clients.

Quelle que soit l'attitude du gouvernement, les experts doutent que les sanctions ne bénéficient réellement à l'économie libanaise.

"Il y a cette idée optimiste que le Liban va bénéficier des sanctions -mais c'est très improbable," estime un banquier basé au Liban, sous couvert d'anonymat. "Ce genre de chose va plutôt rebuter les investisseurs (...) étant donné l'instablité de la situation".

Seul risque de grimper en flèche la contrebande entre la Syrie et ses voisins qui va "bénéficier à certains groupes ou individus, mais pas au Liban en tant qu'Etat" confirme M. Achy.

"Si la situation au Liban était stable et le gouvernement assez fort, l'économie locale pourrait bénéficier énormément de la situation actuelle en Syrie, tout comme la Turquie et la Syrie en ont profité lorsque l'Irak a été frappé par des sanctions", estime M. Shamseddine.
La Syrie, sous le coup de sanctions sans précédent des pays occidentaux et arabes, ne manquera pas de se tourner vers le Liban et l'Irak, qui peuvent devenir des couloirs économiques pour leur voisin en pleine crise, sans pour autant violer les sanctions, selon des experts."Le Liban et l'Irak pourraient devenir les poumons de la Syrie, d'une certaine façon, et lui permettre de continuer à respirer malgré les sanctions", explique Lahcen Achy, analyste économique au centre Carnegie pour le Moyen Orient.La Ligue arabe a approuvé une série de sanctions, les plus sévères jamais adoptées par l'organisation envers l'un de ses 22 pays membres, contre le gouvernement de Bachar al-Assad, pour protester contre la violente répression de la révolte populaire qui agite le pays depuis huit mois et demi.Ces sanctions --que ni le Liban ni...