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Culture - Événement

L’art contemporain libanais présenté à Londres grâce à l’association Apeal

Pour la deuxième année consécutive, l’Apeal (Association for Promotion and Exibition of Art in Lebanon, présidée par Rita Nammour) a organisé une grande exposition d’art comtemporain libanais au Royal College of Art de Londres du 3 au 6 novembre. Rappelons que la première manifestation a eu lieu, en avril dernier, au Katzen Center Art Museum à Washington DC. Une initiative qui connaît un grand succès.

La guerre et ses cicatrises évoquant avec force et violence le désordre accumulé durant de longues années meurtrières.

L’exposition, intitulée « Subtitled : with Narratives from Lebanon », a présenté 33 artistes libanais sélectionnés pour la diversité de leurs messages, classés en 5 catégories différentes.
Dans les récits de la guerre, l’artiste témoigne du passé douloureux et de ses fâcheuses conséquences. Le drapeau libanais de Fouad el-Khoury, défraîchi, lacéré et criblé de balles, est un exemple poignant des cicatrices et séquelles de la guerre. Tout comme Le massacre, triptyque en noir et blanc de Nadim Karam, qui exprime avec force et violence le désordre accumulé durant toutes ces années meurtrières. Benoît Debbané dénonce, quant à lui, la suprématie des armes en indiquant ironiquement le chemin à (ne pas) suivre d’un peuple belliqueux.
Dans le volet de la reconstruction, l’artiste exprime la fragmentation d’une mémoire collective. La toile de Zéna Assi est investie par l’anarchie des constructions et du béton. Beyrouth la nostalgique se replie à l’ombre des tours phalliques. Les immeubles de Massoud et Nawam se dressent fragiles et inquiétants dans une ville fantomatique dépourvue de tout arbre, de tout élement de vie.
Dans le volet doux-amer, le Libanais s’adapte à toutes les situations, à sa triste condition, et l’artiste, avec humour, y puise son inspiration. Ainsi L’électricité Elusive de Ajah Bdeir ou « Ejet Ejet » est une illustration des conditions de vie imprévisibles, comme les légendaires coupures de courant. Flavia Codsi oppose ou réunit deux femmes sur une immense toile : diversité et ambiguïté. La femme fatale et libérée avance avec assurance sur la toile et semble s’approprier l’espace, alors que la femme couverte en sort. Est-elle tout simplement l’ombre de l’autre ? Pluralité de la femme libanaise.

Complexité !
Le côté culturel est riche des influences occidentales et orientales, la diversité de la culture au Liban permet aux artistes l’utilisation de divers outils comme la langue, la religion et autres symboles. Ainsi Gilbert Hage a présenté 11 photographies d’intérieurs de Libano-Arméniens, 11 différents paysages du mont Ararat accrochés sur les murs de leur maison, leur rappelant inexorablement leur terre natale et leur identité culturelle.
Enfin, dans les récits troubles, les artistes expriment avec pudeur certaines réalités, ou tentent de sortir de situations confuses certaines images troubles. Hannibal Srouji a offert une vision nébuleuse des souvenirs d’enfance : émiettement d’une patrie déchirée par la guerre, arrachement à la terre, suprême matrice, terre/mer lacérée, tout comme le drapeau de Fouad el-Khoury.
Toutes ces œuvres ont été exprimées à travers des peintures, sculptures, photographies, vidéo-installations et mixtes médias, 77 œuvres exposées et appréciées par un public venu nombreux à l’inauguration, où l’on notait la présence de nombreuses personnalités libanaises et étrangères.
Un débat autour du thème « Testimonial Art or Impulse to Looming Change » a été animé par Monita Rajpal, correspondante de la chaîne CNN avec la participation de Lord Palumbo, mécène des arts, de l’architecte Nadim Karam, des artistes libanaises Nada Sehnaoui et Zéna el-Khalil et, enfin, de Nora Boustany, membre d’Apeal et ex-journaliste au Washington Post. Les intervenants ont mis l’accent sur « la force de l’art, de la culture et de la liberté d’expression dans une société d’après-guerre ». Lord Palumbo ajoutant que « les artistes représentent l’espoir et que les ONG, comme Apeal, devraient être subventionnées par le gouvernement et le secteur privé afin qu’elles puissent poursuivre leurs objectifs. Rita Nammour, présidente d’Apeal, a justement rappelé les objectifs de cette ONG qui « vise à propager l’image culturelle du Liban, longtemps éclipsée par les images de guerre et d’insécurité », ajoutant que « l’art et la culture reflètent l’âme de notre nation et témoignent de la richesse de sa diversité. L’art est l’expression salutaire pour une nation qui cherche à tirer les leçons du passé et trouver un sens à sa mémoire collective ». Apeal a pour objectif de promouvoir à l’étranger les talents des artistes libanais car l’œuvre d’art prend naissance non seulement dans l’imaginaire de l’artiste ou dans son atelier, mais dans le regard épris de beauté d’un très large public.

 N. K.

L’exposition, intitulée « Subtitled : with Narratives from Lebanon », a présenté 33 artistes libanais sélectionnés pour la diversité de leurs messages, classés en 5 catégories différentes.Dans les récits de la guerre, l’artiste témoigne du passé douloureux et de ses fâcheuses conséquences. Le drapeau libanais de Fouad el-Khoury, défraîchi, lacéré et criblé de balles, est un exemple poignant des cicatrices et séquelles de la guerre. Tout comme Le massacre, triptyque en noir et blanc de Nadim Karam, qui exprime avec force et violence le désordre accumulé durant toutes ces années meurtrières. Benoît Debbané dénonce, quant à lui, la suprématie des armes en indiquant ironiquement le chemin à (ne pas) suivre d’un peuple belliqueux. Dans le volet de la reconstruction, l’artiste exprime la fragmentation...
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