"Le Conseil a abdiqué ses responsabilités : certains (Chine et Russie, ndlr) ont opposé leur veto à une action même limitée du Conseil de Sécurité. D'autres ont choisi l'abstention, c'est-à-dire l'indifférence", a ajouté M. Araud lors d'un discours prononcé devant le Conseil.
"Alors que le gouvernement syrien continue de tirer sur sa population, l'assiège, recourt aux arrestations arbitraires par milliers, aux disparitions forcées, et à la torture, le Conseil de sécurité n'a donc pu jouer son rôle en matière de protection des civils", a-t-il dit lors d'un débat sur la protection des civils en zones de conflit armé, évoquant un "échec grave".
"La France continuera à oeuvrer avec détermination afin que le Conseil, qui a maintenant pu constater le coût de son inaction, joue enfin son rôle", a encore souligné l'ambassadeur.
L'ambassadrice américaine à l'ONU Susan Rice a de son côté estimé que la Syrie représentait, en termes de protection des civils, le défi le plus "immédiat" pour le Conseil de sécurité.
En dépit du double véto russo-chinois, "la crise en Syrie demeure au programme du Conseil de sécurité et nous ne nous arrêterons pas jusqu'à ce que ce Conseil remplisse ses responsabilités", a-t-elle ajouté.
Les opposants à une résolution du Conseil de sécurité évoquant des sanctions à l'égard de la Syrie se sont également exprimés au cours de cette réunion présidée par le président portugais Anibal Cavaco Silva.
Citant les frappes aériennes de l'Otan sur la Libye, l'ambassadeur russe à l'ONU Vitali Tchourkine a évoqué des "tentatives inadmissibles de manipuler les mandats du Conseil de sécurité".
De telles actions "sabotent le potentiel pour des actions conjointes par la communauté internationale dans des situations similaires", a-t-il jugé.
"Nous pensons que plusieurs pays membres (du Conseil) sont trop désireux d'user de ressources considérables pour obtenir un changement de régime au nom de la protection des civils", a pour sa part souligné l'ambassadeur indien à l'ONU Hardeep Singh Puri.
L'ambassadeur chinois Li Baodong a insisté sur le fait qu'il ne devrait pas y avoir de "motivations politiques" dans les opérations pour protéger les civils.
Le 4 octobre, le Conseil de sécurité de l'ONU n'avait pas réussi à adopter une résolution qui condamnait le régime syrien, après un veto de la Chine et de la Russie, membres permanents du Conseil. Le Brésil, l'Inde, l'Afrique du Sud et le Liban s'étaient alors abstenus.
La France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne ont indiqué qu'elles rechercheraient de nouvelles voies pour que le Conseil de sécurité, à défaut, condamne les violences en Syrie.
Plus de 3.500 personnes ont été tuées en Syrie depuis le début des manifestations contre le président syrien Bachar Al-Assad.

