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Les alaouites du Liban suivent avec anxiété la révolte en Syrie

Dans le quartier démuni de Jabal Mohsen dans le nord du Liban, la communauté musulmane alaouite suit avec anxiété les troubles en Syrie voisine où le président Bachar al-Assad, lui-même alaouite, fait face à un mouvement de contestation sans précédent.

"La Syrie est notre voisine, c'est notre frère et notre mère", déclare à l'AFP Abdel Latif Saleh, un responsable du principal parti alaouite, une branche de l'islam chiite qui détient depuis 1970 les postes-clés du pouvoir en Syrie.

"Nous n'oublierons jamais les sacrifices consentis par l'armée syrienne au Liban et nous soutenons le régime syrien car il se bat seul contre les Etats-Unis et Israël", lance cet élu local.

"Sans eux, le Liban n'aurait jamais retrouvé la paix", soutient-il. La Syrie, qui avait placé le Liban sous tutelle pendant 30 ans, a été contrainte en avril 2005 de retirer du pays ses milliers de soldats après l'assassinat de l'ex-dirigeant Rafic Hariri.

L'avis de M. Saleh est partagé par l'ensemble des habitants de ce quartier de Tripoli, où vivent la majorité des quelque 120.000 alaouites libanais, sur une population totale au Liban d'environ quatre millions.

Cette communauté compte quelque deux millions de fidèles en Syrie, environ 10% de la population à majorité musulmane sunnite.

Des portraits de Bachar al-Assad et de son père défunt Hafez décorent les rues de l'enclave perchée sur une colline et entourée de quartiers sunnites, qui pour la plupart soutiennent la révolte inédite que le régime syrien tente de mater dans le sang depuis près de huit mois.

Tripoli a été à maintes fois le théâtre d'accrochages meurtriers entre les résidents de Jabal Mohsen et ceux du quartier voisin sunnite de Bab al-Tabbaneh. En juin, une bataille rangée provoquée par une manifestation anti-Assad avait fait sept morts.

Les développements en Syrie "affecteront naturellement les alaouites du Liban car ils redéfiniront un nouvel équilibre de forces", estime Marwan Rowayheb, professeur de sciences politiques à la Lebanese American University (LAU).

Mais si la situation "se complique" pour le régime syrien, M. Rowayeb n'exclut pas que "les alaouites du Liban s'en distance en mettant en avant le fait qu'ils sont avant tout Libanais".

Les alaouites de Jabal Mohsen assurent pourtant qu'ils soutiendront Bachar al-Assad jusqu'au bout, malgré la répression qui a fait plus de 3.000 morts depuis le 15 mars en Syrie.

"Nous nous tiendrons du côté du président Bachar jusqu'à la fin. Comme tout le monde peut le voir, il introduit des réformes", assure Mahmoud Zeitoun, assis dans sa petite épicerie.

"Ce qui se passe réellement en Syrie n'est pas du tout ce qu'on voit à la télévision" avec les images des manifestations massives appelant à la chute du régime et des victimes tuées par la répression, affirme Rabih Mohammed, qui a déroulé un drapeau syrien devant son café.

"Il y a un complot contre le président Assad", soutient-il. "Les Frères musulmans et les saboteurs veulent faire tomber la Syrie".

En 1982, le président syrien Hafez al-Assad avait lancé son armée pour mater une rébellion des Frères musulmans, mouvement interdit en Syrie, dans la ville de Hama (centre). Les troupes syriennes étaient entrées aussi à Tripoli, où elles avaient combattu les partis locaux sunnites.

Ces souvenirs restent vifs et les habitants de Tripoli retiennent leur souffle et espèrent.

"Nous avons une longue histoire de confrontations confessionnelles et les craintes sont justifiées, mais nous refusons d'être pris dans un nouveau cycle de violences", explique Ali Fedda, propriétaire d'une échoppe à Jabal Mohsen. "Malheureusement pour nous, la stabilité à Jabal Mohsen évolue comme la bourse, au gré des développements politiques".
Dans le quartier démuni de Jabal Mohsen dans le nord du Liban, la communauté musulmane alaouite suit avec anxiété les troubles en Syrie voisine où le président Bachar al-Assad, lui-même alaouite, fait face à un mouvement de contestation sans précédent."La Syrie est notre voisine, c'est notre frère et notre mère", déclare à l'AFP Abdel Latif Saleh, un responsable du principal parti alaouite, une branche de l'islam chiite qui détient depuis 1970 les postes-clés du pouvoir en Syrie."Nous n'oublierons jamais les sacrifices consentis par l'armée syrienne au Liban et nous soutenons le régime syrien car il se bat seul contre les Etats-Unis et Israël", lance cet élu local."Sans eux, le Liban n'aurait jamais retrouvé la paix", soutient-il. La Syrie, qui avait placé le Liban sous tutelle pendant 30 ans, a été contrainte en...