Un coin de l’exposition.
Jürgen Boos cite en exemple un projet présenté l’année dernière par l’auteur de livres pour enfant Cornelia Funke, Le Sortilège de Pierre, où l’on a «développé un livre et un film simultanément dès le début».
La Foire de Francfort organise cette année un cycle de conférences, baptisé StoryDrive, consacré à l’impact du multimédia sur l’édition, avec notamment David Heyman, producteur de toute la saga Harry Potter au cinéma, l’acteur Rupert Everett, mais aussi des intervenants du monde du jeux vidéo ou de la télé.
L’arrivée d’appareils toujours plus sophistiqués, capables d’inclure de la musique ou des vidéos, n’a pas fini de bousculer un secteur volontiers conservateur. «Dans le livre, on a toujours été très fermé, très centré sur nous-mêmes, on préfère parler entre soi», reconnaît M. Boos.
Mais la multiplication des produits dérivés tirés des livres (film, jeux vidéo, etc.) a fait éclater cette bulle. «Soudainement, il y a des tas de gens qui sont là et avec qui il faut négocier (...): des sociétés, des personnes, des agents que nous ne connaissions pas ces dernières années», poursuit-il.
Pour matérialiser l’importance croissante prise par ces activités, l’espace consacré aux négociations sur les droits dérivés d’une œuvre sera installé au cœur de la Foire de
Francfort.
«Avant, cela se trouvait toujours au premier étage, dans un coin caché où le public n’allait pas. Maintenant, il sera en plein rez-de-chaussée», détaille M. Boos. Les négociations de droits au cours de la Foire du livre ont augmenté de 30% sur les sept dernières années, souligne-t-il.
La manifestation est aussi là pour «stimuler l’économie du secteur, relève M. Boos. Nous voulons découvrir des auteurs et maisons d’édition.»
Les organisateurs se réjouissent que le nombre de pays représentés – plus de 110 cette année, pour 7500 exposants environ – continue à croître et que la crise économique n’a pas dissuadé les pays les plus touchés, comme la Grèce ou le Portugal.
«Ils sont tous là, personne ne manque à l’appel, sourit Katja Böhne, responsable de la communication. C’est le signe que la Foire est trop importante pour se permettre de ne pas y aller.»
Cette année, les organisateurs ont choisi l’Islande comme invitée d’honneur.
Avec 320000 habitants, l’Islande est le plus petit pays ainsi honoré par la Foire de Francfort. Mais avec ses huit livres achetés par an et par habitant en moyenne, cette île a des allures de paradis de l’édition.
Outre 230 titres liés à l’Islande qui seront présentés, le pays dévoilera une nouvelle traduction de ses sagas médiévales, matrice de toute la littérature nordique et qui ont influencé nombre d’auteurs et artistes germaniques.
Cette traduction «littéraire» et non «scientifique» s’adresse «à tous les lecteurs», précise Halldor Gundmundsson, chef de la délégation islandaise. Déjà sortie en anglais et prévue dans les autres langues nordiques l’année prochaine, cette nouvelle édition est «l’un des projets les plus importants de traduction au monde ces dernières années», assure-t-il.


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