«Le couronnement de la Vierge».
«Nous avons réussi à obtenir 25 œuvres de Fra Angelico en nous appuyant sur le pôle muséal florentin», ajoute-t-il. Des musées français et européens ont également fait des prêts. L’exposition présente des panneaux peints, mais aussi des enluminures réalisées par ce moine habité par la
spiritualité.
Fra Angelico n’est pas venu seul à Paris. Il est entouré des peintres italiens qui ont influencé son art comme son maître Lorenzo Monaco (1370-1424), Masolino (1383-1440), Paolo Uccello (1397-1475). Et de ceux qu’il a inspiré à son tour, tels Filippo Lippi (1406-1469) ou Zanobi Strozzi (1412-1468).
D’où le titre de l’exposition «Fra Angelico et les maîtres de la lumière», qui se tient jusqu’au 16 janvier et n’a pas l’ambition d’offrir une rétrospective de l’œuvre du peintre.
Des débuts de l’artiste, on ne connaît pas grand-chose. Guido di Pietro est né vraisemblablement vers 1400 à Vicchio di Mugello, près de Florence. Alors que le style gothique international brille de ses derniers feux pour laisser progressivement place à la Renaissance, le jeune homme se forme comme peintre, sans doute avec le moine Laurent Monaco. Puis il entre dans les ordres et devient Fra Giovanni.
Le peintre vit et travaille au couvent de San Domenico de Fiesole, près de Florence, ce qui ne l’empêche pas d’être en contact avec son époque et de voyager. Il peint pour les Médicis qui financent ses sublimes fresques pour le couvent de San Marco à Florence.
Il part ensuite pour Rome, le pape lui ayant passé commande pour un palais du Vatican. Il finit ses jours dans la Ville éternelle en 1455.
Ce n’est que quelques années après sa mort qu’il reçoit le surnom d’«Angelico», suite à la rédaction d’un texte par un moine, Domenico da Corella, louant l’«Angelicus pictor», déclare à l’AFP Giovanna Damiani, surintendante des musées de Venise et commissaire générale de l’exposition.
«Il est dit “angélique” peut-être en raison de la suavité de sa peinture qui a tout de suite été appréciée par ses contemporains. Mais aussi parce qu’il était le “peintre des anges”, figures de médiation entre l’humain et le divin, qui se trouvent dans toutes ses œuvres», ajoute-t-elle.
Pendant des siècles, la peinture de Fra Angelico a été excessivement cantonnée à sa dimension religieuse, pointe Mme Damiani. «Ce n’est qu’à partir du milieu du XXe siècle que des recherches autour de son œuvre ont permis de redonner à Fra Angelico sa place correcte dans le paysage de la peinture florentine de la Renaissance», souligne-t-elle.
La qualité chromatique de ses tableaux est une fête pour les yeux. Il travaille les ors avec brio. Une luminosité cristalline baigne ses paysages.
Il construit l’espace, lui donne de la profondeur en utilisant les règles de la perspective, comme le montre la Naissance et vocation de saint Nicolas (vers 1447).
Fra Angelico a été béatifié par le pape Jean-Paul II en 1982 et est devenu, deux ans plus tard, le saint patron des artistes.

