En 2008, une loi criminalisant le "trafic humain" a instauré des horaires pour les travailleurs domestiques et leur a accordé un jour de congé hebdomadaire. Mais selon un rapport de HRW et du centre jordanien d'aide juridique Tamkeen présenté mardi, elle n'est pas suffisamment appliquée.
La législation sur le travail et l'immigration "facilite les abus" comme l'isolement du travailleur à la maison et inflige des amendes à ceux qui dépassent la durée de leur visa, "même lorsque le travailleur n'est pas en faute", selon le rapport.
Quelque 70.000 travailleurs domestiques venus du Sri Lanka, d'Indonésie et des Philippines vivent en Jordanie, et ils "font face aux mêmes abus que les travailleurs domestiques ailleurs dans la région", a dénoncé HRW, évoquant des coups et les insultes, la confiscation du passeport, le confinement à domicile, les longues journées de travail sans repos hebdomadaire...
Le rapport cite l'exemple d'une domestique indonésienne que ses employeurs ont enfermée pendant plus de trois ans sans la payer, après lui avoir confisqué son passeport. "Elle s'est enfuie un jour que les employeurs avaient laissé la clé dans la serrure, mais les procureurs ne l'ont pas considérée comme une victime", souligne le texte.
La Jordanie n'a pas ratifié la Convention de l'Organisation internationale du Travail sur le travail domestique, qui oblige les gouvernements à garantir des conditions décentes de travail et une protection contre la violence pour les travailleurs domestiques.

