Najla Hariri, une mère de famille, a été interpellée alors qu'elle se rendait au volant de sa voiture au bureau de sa fille dans le centre de Jeddah pour la ramener à la maison en fin de journée, a indiqué sa fille Dalia à l'AFP. "Ma mère a été emmenée au commissariat", a ajouté la jeune fille.
Mme Hariri a été ensuite libérée après la convocation de son mari au commissariat, a déclaré l'activiste Samar Badaoui, ajoutant qu'elle avait été "traitée poliment". "Je n'ai signé aucun engagement m'interdisant la conduite" d'une voiture, a déclaré à l'AFP Mme Hariri après sa libération, ajoutant avoir répété, durant son interrogatoire par la police, qu'"il n'existe en Arabie saoudite aucune loi interdisant à la femme de se mettre au volant d'une voiture".
Elle affirme détenir un permis égyptien et un autre libanais et conduire normalement durant ses séjours à l'étranger.
Depuis la mi-mai, Najla Hariri, qui milite pour les droits des femmes, est sortie à plusieurs reprises dans les rues de Jeddah au volant de sa voiture sans se faire arrêter. Elle fait partie d'un groupe d'activistes qui ont lancé sur internet une campagne le 17 juin au volant de leurs voitures pour défier l'interdiction de conduire dans le royaume ultraconservateur.
Depuis cette date, des femmes prennent régulièrement le volant dans le royaume, selon ces militantes.
L'icône de la campagne est Manal al-Charif, une informaticienne de 32 ans libérée le 30 mai après deux semaines de détention pour avoir mis sur YouTube une vidéo la montrant au volant.
Cinq Saoudiennes avaient été arrêtées au volant de leurs voitures fin juin à Jeddah.
Les femmes doivent engager un chauffeur ou, si elles n'en ont pas les moyens, dépendre du bon vouloir des hommes de leur famille. Elles sont en outre obligées de sortir voilées et ne peuvent voyager sans escorte de leur mari ou d'un homme de leur famille. L'Arabie saoudite est le seul pays au monde où les femmes n'ont pas le droit de conduire.

