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Dernières Infos - Libye

Tripoli presque acquise aux rebelles

Kadhafi introuvable; deux de ses fils arrêtés.

Les habitants de Benghazi fêtent l'entrée des rebelles dans la capitale, Tripoli. Esam Al-Fetori/

Au lendemain de l’offensive majeure lancée par les rebelles sur Tripoli, les chars et tireurs d'élite de l'armée libyenne peinaient à résister aux assauts des insurgés dans la capitale, où des milliers d'opposants à Mouammar Kadhafi fêtent depuis hier soir la fin prochaine d'un règne sans partage entamé en 1969. "Nous avons vu ces dernières heures se consolider une avancée de l'opposition au régime et nous pouvons dire qu'en ce moment pas plus de 10% à 15% de la capitale est encore entre les mains du régime", a affirmé lundi matin le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini à la chaîne de télévision en continu Sky TG24. "Autour de l'aéroport, qui est une zone clé, les dernières formes d'agression (de la part des forces loyales à Kadhafi, ndlr) sont en train d'être éliminées, des francs-tireurs (du régime, ndlr) sont arrêtés et dans certains cas ils se rendent", a poursuivi le chef de la diplomatie italienne.

Les combats ont repris à l'aube, notamment autour de la résidence fortifiée du colonel libyen, Bab el-Aziziah. Les rebelles s'en disent proches, mais les soldats qui sont encore fidèles à Mouammar Kadhafi opposent une forte résistance. Selon des sources rebelles citées par la chaîne de télévision al-Arabiya, une unité emmenée par Khamis Kadhafi, un fils du colonel, a quitté Bab el-Aziziah en direction du centre de Tripoli. Les rebelles, eux, ratissent les immeubles à la recherche de tireurs embusqués, qui font de nombreuses victimes.

Dans un message sonore diffusé dimanche soir par la télévision publique alors que les forces rebelles progressaient dans la capitale, Mouammar Kadhafi avait une nouvelle fois invité les Libyens à "sauver Tripoli". "Il s'agit d'une obligation pour tous les Libyens. C'est une question de vie ou de mort", a déclaré Kadhafi dont la garde rapprochée s'est rendue en début de soirée dimanche. Kadhafi dont le sort suscite les principales interrogations aujourd'hui. Deux de ses fils, Mohammed et Saïf el-Islam, ont déjà été arrêtés par les insurgés, qui négocient la remise du second à la Cour pénale internationale (CPI), qui l'a inculpé pour crimes contre l'humanité avec son père et le chef des services de renseignement du régime, Abdallah el-Senoussi. Le fils aîné du « guide », Mohammed, a confirmé son arrestation et son placement en résidence surveillée à Tripoli. La capture de Saïf al Islam, le plus jeune fils du colonel libyen, a également été confirmée par le procureur de la CPI, Luis Moreno Ocampo.

Les Occidentaux ont, de leur côté, appelé Kadhafi à quitter le pouvoir pour éviter un ultime carnage, estimant que l'entrée des rebelles dans Tripoli avait scellé la fin du régime libyen. "Cette nuit le mouvement contre le régime Kadhafi a atteint un point de non-retour. Tripoli se libère de la poigne du tyran", après 42 ans de règne, a déclaré le président Barack Obama dans la nuit de dimanche à lundi depuis son lieu de vacances dans le nord-est des États-Unis. "Mouammar Kadhafi et son régime doivent reconnaître que leur règne a pris fin", malgré d'ultimes résistances à Tripoli, a-t-il dit. M. Obama a aussi appelé les rebelles à respecter les droits du peuple libyen, préserver les institutions de l’État et chercher une transition vers la démocratie qui soit "juste et inclue tout le peuple libyen".

A Bruxelles, la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a aussi jugé qu'on assistait à la fin du régime de Kadhafi. "J'appelle Kadhafi à quitter le pouvoir immédiatement et éviter que le sang ne soit davantage versé", a-t-elle dit. Plus alarmiste, le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt a averti que "beaucoup de choses pouvaient encore mal tourner dans les prochains jours". En France, pays qui a été à l'avant-garde avec la Grande-Bretagne dans la lutte contre le régime libyen, le président Nicolas Sarkozy a "exhorté" Mouammar Kadhafi "à éviter à son peuple de nouvelles souffrances inutiles en renonçant sans délai à ce qui lui reste de pouvoir". "L'issue ne fait désormais plus de doute", a-t-il dit.

De son côté, le Premier ministre britannique David Cameron est rentré à Londres, abrégeant ses vacances pour tenir une réunion d'urgence du Conseil national de sécurité. Dimanche soir, Downing Street avait prédit dans un communiqué que la fin de Mouammar Kadhafi était "proche" après l'entrée des rebelles dans Tripoli.

L'avancée des insurgés a été facilitée par l'appui militaire, au cours des quatre derniers mois, de l'OTAN qui a jugé également que "ce à quoi nous assistons est l'effondrement du régime".

En ce qui concerne l'après-Kadhafi, Catherine Ashton a déclaré : "Nous sommes en train de planifier l'après-Kadhafi". La France souhaite accueillir "dans les prochains jours" une réunion du groupe de contact sur la Libye afin de rédiger une "feuille de route" sur l'avenir du pays, a déclaré de son coté le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé. Nicolas Sarkozy s'entretiendra dans la journée avec le président du CNT.

L'OTAN a déclaré pour sa part qu’elle continuerait à protéger la population civile en Libye conformément à la résolution 1793 du Conseil de sécurité de l'ONU adoptée le 17 mars, qui autorise les États membres à prendre toutes les mesures nécessaires dans ce but.

 

"Grandes perspectives" pour les entreprises italiennes

 

En Italie, ancienne puissance coloniale qui avait tissé des liens économiques avec Tripoli, le chef de la diplomatie Franco Frattini a d'ores et déjà estimé que la chute du régime Kadhafi créera de "grandes perspectives" pour les entreprises italiennes. "Le nouveau gouvernement libyen respectera tous les contrats," a-t-il dit, soulignant qu'une filiale du groupe pétrolier ENI travaillaient déjà à la remise en état d'infrastructures pétrolières en Libye.

La Chine, qui avait elle aussi d'importants intérêts économiques en Libye, a déclaré lundi "respecter le choix du peuple libyen". "La Chine espère un retour rapide de la stabilité en Libye" et est prête participer avec la communauté internationale à sa reconstruction, a indiqué le ministère des Affaires étrangères.

Une possibilité évoquée pour éviter un fin sanglante serait le départ de Libye du colonel Kadhafi, mais l'Afrique du Sud, qui joue un rôle de médiateur, a démenti avoir envoyé un avion le chercher comme le rapportaient certaines informations. Un des rares alliés du dirigeant libyen, le président vénézuélien, Hugo Chavez, a de nouveau critiqué l'intervention de l'OTAN dans la bataille de Tripoli. "Les gouvernements d'Europe, pas tous, sont en train de détruire Tripoli sous leurs bombes de même que le gouvernement soi-disant démocrate et démocratique des États-Unis", a déclaré M. Chavez. Il a accusé les forces étrangères de vouloir "s'emparer d'un pays et de ses richesses".

 

Au lendemain de l’offensive majeure lancée par les rebelles sur Tripoli, les chars et tireurs d'élite de l'armée libyenne peinaient à résister aux assauts des insurgés dans la capitale, où des milliers d'opposants à Mouammar Kadhafi fêtent depuis hier soir la fin prochaine d'un règne sans partage entamé en 1969. "Nous avons vu ces dernières heures se consolider une avancée de l'opposition au régime et nous pouvons dire qu'en ce moment pas plus de 10% à 15% de la capitale est encore entre les mains du régime", a affirmé lundi matin le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini à la chaîne de télévision en continu Sky TG24. "Autour de l'aéroport, qui est une zone clé, les dernières formes d'agression (de la part des forces loyales à Kadhafi, ndlr) sont en train d'être éliminées, des...