Le chef du parti des Forces libanaises Samir Geagea a dénoncé, samedi, lors d'une conférence de presse tenue à Meerab, les derniers propos du secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah concernant l'acte d'accusation publié mercredi par le tribunal international. M. Geagea a affirmé que l'acte d'accusation présente des preuves "plus que suffisantes" pour accuser les personnes concernées.
"Les téléphones portables utilisés par les accusés ont été enregistrés sous des noms d'emprunt, a-t-il relevé. Si l'on admet que les services israéliens et américains avaient les moyens de manipuler d'une manière aussi minutieuse le réseau de télécommunication, ils auraient alors entrepris de manipuler les lignes appartenant directement aux responsables et aux cadres du Hezbollah, et inscrites aux noms de ces derniers, et non pas des lignes inscrites sous des noms d'emprunt anonymes dont ils ne pouvaient pas deviner l'usage par le Hezbollah", a souligné Geagea qui a d'autre part relevé que les lignes en question n'ont été utilisées que durant la période de préparation et d’exécution de l'attentat et qu'elles se sont tues immédiatement après l'attentat.
L'analyse des relevés des communications téléphoniques, selon l'acte d'accusation, révèle l'identité des utilisateurs d'un certain nombre de réseaux de téléphones mobiles interconnectés qui étaient impliqués dans l'assassinat de Rafic Hariri. Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, avait évoqué "la capacité technique d'Israël de manipuler les données, de fabriquer des communications et même d'utiliser des numéros de personnes à leur insu".
Répondant à cette argumentation, M. Geagea s'est demandé si tel était le cas, pourquoi l’État hébreu n'a-t-il donc pas infiltré les téléphones portables inscrits aux noms des membres du Hezbollah ?
"Si Israël était capable de manipuler les réseaux de communications au Liban, n'aurait-t-il pas protégé ses nombreux espions arrêtés au Liban du fait de leurs contacts téléphoniques ?", a-t-il ajouté.
Le leader des FL a appelé le gouvernement libanais à remettre les quatre suspects à la justice internationale. "Dans le cas contraire le gouvernement prouverait qu'il est à la solde du Hezbollah", a-t-il affirmé.
Sur le litige de Lassa qui a récemment pris une tournure confessionnelle, M. Geagea a dénoncé les actions des habitants chiites de ce village, proches du Hezbollah, qui attaquaient les patrouilles de l'armée et des FSI et les empêchaient de se rendre sur les lieux.
M. Nasrallah avait affirmé lors de son dernier discours que le litige de Lassa remonte à plus de 70 ans. Réfutant cet argument, M. Geagea a déclaré: "Ce que nous dénonçons, ce n'est pas le contentieux en rapport avec les biens-fonds, qui remonte effectivement à très longtemps, mais c'est le comportement du Hezbollah dans cette affaire qui fait obstruction à toute décision de justice portant sur les violations des biens-fonds ainsi que l'attitude du Hezbollah qui empêche les forces de l'ordre de s'assurer que les relevés topographiques sont effectués".

