"Dans l'intérêt du peuple syrien, le temps est venu pour le président Assad de se retirer", a déclaré Barack Obama, jeudi. Eric Gaillard/
L'opposition au régime de Bachar el-Assad a annoncé vendredi la constitution d'une coalition unifiant ses rangs afin d'obtenir la chute du régime syrien. Baptisée "Instance générale de la révolution syrienne", la coalition a indiqué dans un communiqué que son objectif était de "resserrer" les rangs de l'opposition au plan politique et sur le terrain afin d'"aboutir à la chute du régime de Bachar el-Assad et à l’établissement d'un Etat démocratique, un Etat de droit et d'institutions garantissant la liberté, l'égalité de tous les citoyens et le respect des droits de l'Homme". La coalition affirme également son engagement à "honorer le sang des milliers de martyrs et les sacrifices des dizaines de milliers de personnes qui ont été détenues et torturées, déplacées et victimes de la répression pour avoir défendu la liberté et la dignité de notre peuple". La "Syrian Revolution General Commission" (SRGC) est le fruit de la fusion de 44 groupes et comités de coordination qui animent depuis cinq mois la contestation en Syrie.
Cette annonce intervient au lendemain de l'appel lancé, jeudi, par le président américain Barack Obama et ses alliés occidentaux pour un départ de Bachar el-Assad. Un appel assorti de sanctions renforcées contre le régime syrien. L'appel à sanctions s'est aussi propagé à l'ONU, où la Grande Bretagne, la France, l'Allemagne et le Portugal, joints vendredi par l'Espagne, cherchaient à obtenir une résolution visant à imposer des sanctions contre Damas. Celles-ci pourraient inclure un embargo sur les armes, un gel des avoirs syriens et une interdiction de voyage pour certains responsables, selon Philip Parham, ambassadeur adjoint de la Grande-Bretagne à l'ONU, qui s'exprimait à l'issue d'une réunion du Conseil de sécurité.
"C'est tout de même étrange qu'au lieu d'offrir son aide (à Damas) pour appliquer son programme de réformes, Obama et le monde occidental cherchent à attiser la violence en Syrie", avait réagi Rim Haddad, directrice des relations extérieures du ministère syrien de l'Information, hier soir. L'ambassadeur de Syrie à l'ONU, Bachar Ja'afari, a de son côté accusé Washington de mener, avec certains membres du Conseil de sécurité, "une guerre diplomatique et humanitaire" contre son pays.
Fidèle à ses engagements, la Russie s'est démarquée de l'appel d'Obama et ses alliés. "Nous ne soutenons pas de tels appels car nous estimons que c'est maintenant qu'il faut donner du temps au président Assad pour qu'il puisse mettre en place les réformes annoncées", a indiqué vendredi une source russe au ministère des Affaires étrangères citée par l'agence Interfax.
Par ailleurs, une mission humanitaire de l'ONU se rendra en Syrie à partir de ce week-end, a aussi annoncé le Bureau de coordination des affaires humanitaires (Ocha), qui cherchait depuis des semaines à accéder au pays. Un rapport de l'ONU publié jeudi dresse un catalogue glaçant de brutalités et violences contre la population civile qui pourraient relever de "crimes contre l'humanité", et appelle le Conseil à envisager une saisine de la Cour pénale internationale.Malgré l'annonce par Bachar el-Assad de la fin des opérations militaires contre les contestataires lors d'une conversation téléphonique avec Ban Ki-moon mercredi, une ONG syrienne a affirmé que les opérations de perquisitions et d'arrestations se poursuivaient. Selon des membres de l'opposition, l'armée a mené jeudi soir de nouveaux raids dans la ville de Deïr ez Zour (est) et des blindés et des soldats ont pris position autour d'une mosquée de Lattaquié (nord-ouest).
Du côté des contestataires, la mobilisation était toujours de mise. Les militants pro-démocratie ont appelé, comme chaque vendredi depuis le début de la contestation, à de grandes manifestations dans les villes du pays. Sur sa page Facebook, le mouvement Syrian Revolution 2011 a appelé à manifester sous le slogan : la "victoire approche". "Du siège imposé aux villes surgira la victoire", écrivent-il.
