Les forces de sécurité syriennes avaient lancé dimanche une offensive meurtrière terrestre et maritime sur Lattaquié. / Photo tirée d'une vidéo YouTube.
En dépit de la vague de condamnations internationales contre le régime syrien et sa répression sanglante des manifsetations, la Russie continue de livrer des armes à la Syrie. "Tant qu'il n'y a pas de sanctions ni d'instruction ou d'ordre du gouvernement, nous sommes tenus de remplir nos engagements contractuels et c'est ce que nous faisons en ce moment", a déclaré Anatoli Issaïkïne, le patron du groupe public russe Rosoboronexport. "Nous avons livré et livrons des avions Iak-130 (...) et des équipements militaires", a-t-il ajouté. La semaine dernière, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton avait appelé les partenaires commerciaux de la Syrie à se ranger du "bon côté de l'Histoire" en cessant leurs échanges avec Damas.
D’autre part, les pays européens, les Etats-Unis et certains pays arabes ont demandé mercredi la convocation d'une session extraordinaire du Conseil des droits de l'homme de l'ONU sur la situation en Syrie, ont indiqué aujourd'hui des diplomates à l'AFP. "Cette demande sera soumise officiellement mercredi soir en vue d'une session spéciale du Conseil des droits de l'Homme lundi", a précisé un diplomate européen. La demande de session spéciale du Conseil, une procédure peu fréquente, a été déposée par vingt pays, soit plus du tiers nécessaire pour convoquer les 47 membres de l'organisation onusienne des droits de l'Homme basée à Genève. "Nous devons maintenir la pression en raison de la dégradation de la situation" en Syrie a indiqué un diplomate, relevant que "tous les membres de l'UE et certains pays arabes, dont le Koweït, étaient sur la même longueur d'onde". Les membres du Conseil devraient s'accorder sur une résolution condamnant la répression et demandant l'ouverture d'une enquête sur les violences des forces syriennes contre les opposants au régime de Damas.
Lors d'une session spéciale le 29 avril dernier, le Conseil des droits de l'homme avait déjà condamné Damas pour avoir ouvert le feu sur des manifestants pacifiques et avait demandé l'ouverture d'une enquête sur d'autres crimes présumés.
Pour sa part, le Conseil de sécurité de l'ONU doit tenir une réunion spéciale, ce jeudi, consacrée aux droits de l'homme et à l'urgence humanitaire en Syrie, avec notamment la participation de la haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Navi Pillay.
Sur le terrain, la répression se poursuit. Deux civils ont été tués mercredi. "Un civil a été tué à l'aube sur son balcon dans le village d'Abdita près d'Idleb (nord-ouest) par les tirs de l'armée syrienne", a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) dans un communiqué. Un deuxième civil a été tué à Homs par un tireur embusqué dans un quartier majoritairement peuplé de Syriens d'origine arménienne et les services de sécurité ont arrêté une quarantaine de personnes dans le quartier al-Khalidiyé ainsi que dans les villages autour de Houlé, selon des habitants. Par ailleurs, une femme touchée mardi par des tirs, a succombé à ses blessures à Lattaquié, selon l'OSDH. Dans cette ville côtière, "depuis ce matin (mercredi) 700 agents de sécurité mènent des perquisitions dans le quartier d'al-Raml al-Jounoubi où ils ont arrêté plusieurs militants sur la base de listes", a poursuivit l'OSDH, ajoutant que "des tirs ont retenti jusqu'à l'aube dans la plupart des quartiers opposés au régime".
Sana, citant un officier du ministère de l'Intérieur, avait annoncé mardi soir la fin de la mission de l'armée à al-Raml al-Jounoubi et affirmé que "les citoyens ont commencé à reprendre leur vie normale".
Par ailleurs, une vaste campagne de perquisitions a été lancée à Damas, dans le quartier de Roukn Eddine, théâtre de manifestations anti-régime. "Des dizaines de militants ont été arrêtés ce matin à Harat al-Jadida où le courant a été coupé", selon des habitants. Dans la région de la capitale, des agents de sécurité ont pris d'assaut mardi soir Mouadhamyia. "Ils ont perquisitionné des maisons et des fermes puis arrêté cinq militants", selon l'OSDH. "Des dizaines de militants ont également été interpellés mardi à Harasta, Irbine et Zabadani", selon les habitants.
Dans le même temps et pour la première fois depuis le début de la révolte, le comité central du parti Baas, au pouvoir depuis 1963, se réunit mercredi "pour prendre des décisions dans le but de renforcer le processus de réforme", a indiqué le quotidien Al Watan, proche du pouvoir. Selon l'article 8 de la Constitution, le parti Baas est "le dirigeant de l'Etat et de la société". Une disposition dont les protestataires réclament l'abolition.
D’autre part, les pays européens, les Etats-Unis et certains pays arabes ont demandé...


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef