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Dernières Infos - Syrie

Ultimatum d'Ankara à Bachar el-Assad

Madrid aurait proposé l'asile aux Assad ; opérations militaires dans la province de Homs et à Lattaquié.

Le président Bachar el-Assad et le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, mardi dernier à Damas, lors d'une mission dite de dernière chance de la Turquie. Hakan Goktepe/

Le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu a vivement dénoncé la poursuite de la répression en Syrie, appelant le président syrien Bachar el-Assad à "mettre fin immédiatement aux opérations" militaires visant la population civile.

"Les opérations doivent immédiatement cesser (...) Sinon nous n'aurons plus rien à discuter", avec le régime syrien, a souligné le ministre lors d'un point de presse, semblant prédire une dégradation des rapports bilatéraux, autrefois excellents, entre les deux pays voisins qui partagent une longue frontière. "Il y a eu certains pas positifs", a poursuivi M. Davutoglu, de la part du régime de Damas dans les premiers jours qui ont suivi sa visite dans la capitale syrienne, le 9 août dernier, mais après, a-t-il dit, "au lieu d'un arrêt des opérations, au contraire celles-ci se sont intensifiées".

M. Davutoglu a condamné les opérations syriennes à Lattaquié. "Nous appelons une nouvelle fois l'administration syrienne à mettre fin tout de suite aux opérations qui font couler le sang (...) Ces opérations ne peuvent en aucun cas être justifiées", a ajouté M. Davutoglu. Dimanche soir, le président turc Abdullah Gül et le roi Abdallah d'Arabie se sont entretenus à Jeddah et ont appelé à la fin de la répression, tout comme le souverain saoudien l'avait fait samedi lors d'un entretien téléphonique avec le président américain Barack Obama.

Ankara, dont les liens avec la Syrie se sont resserrés ces dernières années, a critiqué avec une virulence croissante la violence de la répression menée par le régime de Damas depuis la mi-mars, sans aller toutefois pour l'instant jusqu'à réclamer la démission du président Assad.

De son côté, le Premier ministre jordanien, Maarouf Bakhit, a téléphoné lundi à son homologue syrien Adel Safar pour appeler à la fin "immédiate" de la violence. "La colère et le refus face au bain de sang en Syrie vont croissant dans le monde" et en Jordanie, "nous attendons des mesures urgentes, efficaces et tangibles", a dit M. Bakhit, selon l'agence jordanienne Petra.

Par ailleurs, selon le journal El Pais citant une source diplomatique, le Premier ministre espagnol Jose Luis Zapatero a envoyé en juillet un émissaire en Syrie pour présenter un plan de sortie de crise et proposer l'asile à la famille Assad. A son retour à Madrid, l'émissaire espagnol avait souligné que le président Assad "ne va rien céder d'essentiel".

Pour sa part, l'organisation Human Rights Watch a pour sa part réclamé une réunion en urgence de la Ligue arabe sur la Syrie. "La région change, et la Ligue arabe devrait faire de même" en rompant avec son histoire de "club fermé d'autocrates qui soutiennent les crimes les uns des autres" et en commençant à "défendre les intérêts des citoyens".

Sur le terrain, rien n'indique que la Syrie prête une oreille plus attentive aux recommandations de la communauté internationale. Les forces syriennes patrouillaient lundi dans la ville côtière de Lattaquié (nord-ouest). Des chars équipés de mitrailleuses lourdes pilonnaient les quartiers de Raml et de Masbah al-Chaab, a affirmé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH, basé en Grande-Bretagne), ajoutant qu'environ 300 personnes avaient été arrêtées dans d'autres quartiers. De nombreux habitants de ces quartiers, autorisés par l'armée à quitter les lieux, ont ensuite été pris pour cible pendant leur fuite. "L'un d'eux est mort à un poste de contrôle sous des tirs de l'armée et cinq autres ont été blessés", a dénoncé l'OSDH. "Une femme a également été tuée alors qu'elle quittait le quartier de Raml", a ajouté l'organisation dans un communiqué. Selon une habitante de la ville, les forces de sécurité tirent depuis les toits. "Ils ouvrent le feu sans raison, et on n'entend personne leur répliquer", a-t-elle ajouté, précisant que l'armée avait vidé une école technique pour y entasser des détenus. Dimanche, 30 civils avaient été tués, dont 26 à Lattaquié, principal port du pays, dans une offensive qui a vu l'intervention de navires de guerre, pour la première fois depuis le début de la révolte mi-mars, selon des militants. L'agence officielle syrienne Sana a démenti toute opération maritime.

Selon l'Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), plus de la moitié des 10 000 réfugiés palestiniens du camp de Raml à Lattaquié ont dû fuire à la suite de tirs des forces de sécurité syriennes. L'UNRWA a réclamé un accès immédiat au camp.

Un haut dirigeant de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) a de son côté qualifié cette offensive de "crime contre l'humanité", dirigé "contre le peuple palestinien et leurs frères syriens".

Dans le reste du pays, l'armée a pénétré lundi dans plusieurs localités de la région de Homs (centre), en particulier à Houla. Elle "a procédé à des perquisitions et à des arrestations sous des tirs nourris", et un vieil homme a été tué par des tireurs embusqués, a annoncé l'OSDH dans un communiqué. Une autre organisation a annoncé qu'il y avait un "grand nombre de chars" à Houla.

A Deir Ezzor (est), un homme de 67 ans a succombé à ses blessures après avoir été touché vendredi par un tireur.

Dans le gouvernorat d'Idleb (nord-ouest), une trentaine de véhicules ont pris d'assaut des villages de la région de Maaret al-Noman, et 8 personnes ont été arrêtées, selon les militants.

A Ramallah (Cisjordanie), quelque 400 jeunes Palestiniens ont organisé un sit-in dimanche soir en "solidarité avec le peuple syrien", dénonçant la répression sanglante. Ils ont fustigé le président syrien: "Bachar, tu es un couard, envoies ton armée sur le Golan (ndlr: le plateau syrien dont Israël a annexé une grande partie en 1981)", ont-ils crié.

Par ailleurs, Sana a annoncé la nomination d'un nouveau gouverneur à Alep (nord), deuxième ville de Syrie et théâtre de manifestations contre le régime ces dernières semaines. Le régime avait déjà changé les gouverneurs de Homs et Hama (centre) et Deraa (sud), où est né le mouvement de contestation.

Depuis le début du mouvement de contestation, près de 1 800 civils ont été tués en Syrie, selon un décompte de l'OSDH. Pour les seules deux semaines écoulées depuis le début du ramadan, les comités de coordination ont dénombré 260 morts, dont 14 femmes et 31 enfants. 

Le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu a vivement dénoncé la poursuite de la répression en Syrie, appelant le président syrien Bachar el-Assad à "mettre fin immédiatement aux opérations" militaires visant la population civile.
"Les opérations doivent immédiatement cesser (...) Sinon nous n'aurons plus rien à discuter", avec le régime syrien, a souligné le ministre lors d'un point de presse, semblant prédire une dégradation des rapports bilatéraux, autrefois excellents, entre les deux pays voisins qui partagent une longue frontière. "Il y a eu certains pas positifs", a poursuivi M. Davutoglu, de la part du régime de Damas dans les premiers jours qui ont suivi sa visite dans la capitale syrienne, le 9 août dernier, mais après, a-t-il dit, "au lieu d'un arrêt des opérations, au contraire celles-ci se sont...