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Culture - Rencontre

Ibrahim Maalouf, trompettiste hors frontières

Hors des modes, hors des courants, hors des frontières, Ibrahim Maalouf esquive les étiquettes. « Je veux être libre », lance le jeune trompettiste compositeur (également pianiste et arrangeur) en concert (en formation jazz), demain soir, au Festival de Beiteddine.

Ibrahim Maalouf : « L’avenir de la musique est dans le métissage. » (Michel Sayegh)

Il est né, il y a trente ans, à Beyrouth. « Je suis à 100 % libanais », lance-t-il, péremptoire. Il a vécu trente ans à Paris. « Je suis à 100 % français », affirme-t-il encore et une petite lueur amusée traverse ses yeux de velours. Car Ibrahim Maalouf, fils du trompettiste Nasssim Maalouf et de la pianiste Nada Maalouf, neveu de l’écrivain Amin Maalouf, semble prendre un petit, mais certain, plaisir à brouiller les pistes et à mélanger les
étiquettes.
Né, donc, dans une famille de musiciens, le petite Ibrahim avait pour jouets divers instruments de musique, dont le piano, les percussions et la trompette, évidemment, qu’il a commencé à manipuler à l’âge de sept ans, sous les directives de son père. « Je m’y suis mis, car cela me rapprochait de lui, de sa pensée, de sa philosophie. » Il apprend ainsi à jouer de la musique arabe et à improviser dans la tradition. Et, parallèlement, il étudie la musique classique, en passant par le Conservatoire de Paris et les concours internationaux (il en a glané une belle brochette, dont, récemment, la Victoire de la révélation instrumentale de l’année aux Victoires du jazz en 2010). À 14 ans, il décide d’interrompre ses cours de trompette pour se consacrer entièrement à ses études. Et rêve de devenir architecte, « pour construire le Liban ». Le jour où il arrive finalement à convaincre son père de sa nouvelle vocation, il décide... de retourner à la musique. Entre ses désirs d’allers et ses envies de retours, Ibrahim Maalouf s’est construit un univers bien à lui. Ni d’ici, ni de là-bas, un langage sans frontières. Tout comme la trompette « quart de ton » qu’il joue, cet instrument inventé par son père et auquel il a ajouté un quatrième piston pour pouvoir jouer les modes arabes et orientaux.
Sa riche culture musicale, qui navigue entre jazz, électro, rythmes orientaux ou pop, sans oublier sa formation classique, forme une source inépuisable dans laquelle il puise son inspiration. Mais lorsqu’il accompagne des groupes de rock, de jazz, de latino, de musique russe ou de salsa, il joue à sa façon. Et déclare que l’avenir de la musique, comme lui de la génétique, réside dans les métissages. « Mais dans le respect des traditions », ajoute le jeune musicien qui possède à son actif deux albums solos : Diasporas (2005) et Diachronism (2009, Mis’ter Productions). Et un troisième volet, prévu en septembre. « Ils sont construits comme on fait de la musique de films. Les enregistrements se font en couches, au fur et à mesure de l’inspiration, des voyages et des rencontres. » Un artisan, donc, qui « fabrique » toutes ses sources sonores (à l’exception d’instruments qu’il ne sait pas jouer), trompettes, chants, piano, percussions, chœurs et effets électroniques plus ou moins identifiables.
Pas étonnant donc que la gestation d’un album prenne parfois trois ans. Ibrahim compose également pour orchestres symphoniques, orchestres à cordes, différents ensembles de cuivres de vents ou de bois, pour la chanson et, récemment, pour des courts et longs-métrages, ainsi que pour des spectacles de danse et créations diverses.
En concert, il fignole un petit mélange de genres, de façon instinctive. Un avertissement s’impose : « Mes concerts n’ont rien d’un concert de jazz habituel. Pas coincé, mais vivant, un peu délirant, parfois. » Il faut venir sans idée préconçue. « Avec, seulement, l’envie de passer un bon moment musical. »
Inspiré, inventif, il aime aussi partager. Il a accompagné de nombreuses stars de la chanson ou de la pop. Il cite Sting, Lhassa, Mathieu Chedid, Vincent Delerm, Arthur H., Amadou et Mariam... Et avoue une soif non assouvie d’une collaboration avec des artistes libanais. À bon
entendeur....
Du jazz à la musique classique, de la chanson de variété au rock, de la pop à l’électro et des musiques traditionnelles et contemporaines arabes aux musiques folkloriques et actuelles du monde, il voyage. Et c’est sur la scène de Beiteddine que le public libanais pourra découvrir sa nouvelle aventure musicale. À commencer par un titre intitulé Beryouth, composé en... 1993 ! Sacré brouilleur de pistes, ce trompettiste.
Il est né, il y a trente ans, à Beyrouth. « Je suis à 100 % libanais », lance-t-il, péremptoire. Il a vécu trente ans à Paris. « Je suis à 100 % français », affirme-t-il encore et une petite lueur amusée traverse ses yeux de velours. Car Ibrahim Maalouf, fils du trompettiste Nasssim Maalouf et de la pianiste Nada Maalouf, neveu de l’écrivain Amin Maalouf, semble prendre un petit, mais certain, plaisir à brouiller les pistes et à mélanger les étiquettes. Né, donc, dans une famille de musiciens, le petite Ibrahim avait pour jouets divers instruments de musique, dont le piano, les percussions et la trompette, évidemment, qu’il a commencé à manipuler à l’âge de sept ans, sous les directives de son père. « Je m’y suis mis, car cela me rapprochait de lui, de sa pensée, de sa philosophie. » Il apprend...
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