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Chypre: colère au lendemain des explosions meurtrières

La colère grondait mardi à Chypre au lendemain des explosions sur la principale base navale du sud de l'île qui ont fait 12 morts, soit le plus grave accident militaire dans le pays en temps de paix.

L'explosion d'une cargaison d'armes iranienne, qui a fait également 62 blessés, a entraîné des coupures d'électricité et d'eau, provoquant la fureur des Chypriotes.

Elle a en effet fortement endommagé la principale centrale thermique de l'île quasi attenante à l'enceinte militaire, qui a stoppé net sa production (60% de l'électricité de Chypre), et les réparations pourraient prendre des semaines, voire des mois.

Des appels ont été lancés pour manifester contre la "négligence gouvernementale" et un grand rassemblement est prévu mardi soir à Nicosie.

"Douze morts et l'économie dans le noir en raison d'une apathie criminelle", titre le quotidien Politis (indépendant).

Les autorités ont annoncé que les Chypriotes recevront de l'électricité la moitié de la journée, au rythme de deux heures tous les deux heures, entre 08H00 et 20H00. Elles ont appelé la population à limiter l'usage des climatiseurs, alors que les températures oscillent entre 35 et 40 degrés Celsius en cette saison touristique.

La centrale pourrait ne pas être opérationnelle avant six mois et les travaux de réparation coûter des milliards d'euros, selon l'Autorité de régulation de l'énergie de Chypre.

Des négociations sont actuellement en cours avec Israël et la Grèce pour acheter du courant supplémentaire, selon les autorités. La Grèce, qui a déjà envoyé des experts en explosifs pour aider à l'enquête, a aussi promis deux générateurs pour soutenir la production d'électricité.

Le quotidien Alithia révèle que plusieurs petites explosions s'étaient produites dans le dépôt quelques jours avant l'accident, mais que les demandes de retrait des conteneurs ont été ignorées.

La commandant de la marine, mort dans l'explosion, avait lui-même écrit à la Garde nationale et au ministre de la Défense -- qui a démissionné lundi après l'explosion -- pour demander que le conteneur soit déplacé ou mieux protégé.

Par ailleurs, des câbles diplomatiques américains publiés sur le site Wikileaks ont révélé que la cargaison contenait des "obus de gros calibre et des munitions pour armes légères".

La cargaison avait été saisie en janvier 2009 sur un navire battant pavillon chypriote qui faisait route vers la Syrie. L'ONU a conclu en mars qu'elle était en violation avec l'embargo imposé à l'Iran dans le cadre des sanctions liées à son programme nucléaire controversé.

Selon les câbles, Washington a fait pression pour que le navire soit inspecté à Limassol et la cargaison a ensuite été confisquée.

Parmi les victimes figurent le commandant de la marine chypriote et le commandant de la base, ainsi que quatre officiers et six pompiers. Le gouvernement a décrété un deuil national de trois jours.

Selon l'agence CNA, qui cite le chef de l'unité de soins intensifs de l'hôpital général de Nicosie, Theodoros Kyprianou, sur les 62 blessés, deux se trouvent toujours dans un état "très critique".
La colère grondait mardi à Chypre au lendemain des explosions sur la principale base navale du sud de l'île qui ont fait 12 morts, soit le plus grave accident militaire dans le pays en temps de paix.L'explosion d'une cargaison d'armes iranienne, qui a fait également 62 blessés, a entraîné des coupures d'électricité et d'eau, provoquant la fureur des Chypriotes.Elle a en effet fortement endommagé la principale centrale thermique de l'île quasi attenante à l'enceinte militaire, qui a stoppé net sa production (60% de l'électricité de Chypre), et les réparations pourraient prendre des semaines, voire des mois.Des appels ont été lancés pour manifester contre la "négligence gouvernementale" et un grand rassemblement est prévu mardi soir à Nicosie."Douze morts et l'économie dans le noir en raison d'une apathie...