Deux heures d’un concert qui a transporté le public sur les rivages, dans les cités, les villages, les marchés, les maisons et jusqu’aux arrière-cours de la plus grande île de la botte italienne. Rien que par la magie de la voix de ce « Sicilien » magnifique qu’est Roberto Alagna, de son charisme et de son expressivité.
Deux heures de chansons tirées du répertoire de la terre d’origine du ténor franco-italien. Et plus d’une quinzaine d’airs traditionnels, réarrangés par Yvan Cassar et son orchestre – le clan des musiciens d’Alagna qui l’accompagne partout – et interprétés, en version classique, par cette vedette de l’art lyrique qui n’hésite pas à franchir les limites de l’opéra pour faire des incursions dans une certaine « variété de souche », comme celle de Luis Mariano ou les standards de la musique latino du siècle dernier.
C’est justement « l’appel des racines qui se fait sentir à la quarantaine », nous confiera-t-il au cours d’une brève entrevue la veille du concert, qui l’aura ramené vers ces airs siciliens qui ont bercé son enfance et qu’on chantait chez lui en famille à la fin des repas dominicaux. Des chansons du temps où il n’était encore que « Robertino, comme on m’appelait, petit, à la maison ». Des airs, moins connus que ceux de la Canzone Napolitana, « plus langoureuse, ce qui fait qu’elle est devenue classique internationale. Alors que la chanson sicilienne est moins travaillée, plus traditionnelle et peut surprendre un peu au départ, avant qu’on ne rentre dans le cœur de son harmonie et de ses rythmes », explique ce grand ténor qui s’en est fait le héraut au point d’affirmer qu’« il faut être sicilien pour chanter la chanson sicilienne »!
Certes, il vaut mieux l’être pour en maîtriser le dialecte. Mais il faut être Roberto Alagna, cette voix exceptionnelle, d’une tessiture particulière, qui aurait, paraît-il, 2 décibels de plus que la normale. Et avoir cette personnalité « aux couleurs italiennes », avec sa gaîté, sa générosité, sa nostalgie et son romantisme de... « Sicilien » pour faire connaître et apprécier, l’espace d’un tour de chant, ce répertoire charriant des sonorités appartenant aux différentes cultures qui se sont succédé sur cette île, envahie, tour à tour, par les Phéniciens, les Grecs, les Romains, les Arabes, les Normands, les Espagnols...
Valses sentimentales et joyeuses tarentelles
C’est ce qu’aura réussi à faire le ténor vedette au cours de cette soirée à Beiteddine où, sans les masques et les contraintes scéniques des maîtres-rôles de l’opéra, Roberto Alagna a donné libre cours à sa nature, à son naturel, à la fois enjoué et grave. Passant avec une égale aisance des joyeuses et entraînantes tarentelles (dont un étourdissant Aballati) aux valses sentimentales (Torna presto) et nostalgiques qui célèbrent la beauté de la Sicile (Sicilia bedda), Alagna se montrera tout aussi bien allègre, vif et sautillant sur les rythmes festifs ou les compositions anecdotiques comme ce fameux Lu me sciccareddu, élégie chantée et... hennie d’un « âne de l’île à la voix de ténor », explique-t-il, que touchant, lorsqu’après avoir fait plaisir au public, il se donne celui d’interpréter Ninna Ninna. « Une berceuse que j’ai écrite et composé avec mon frère pour ma fille qui a perdu sa mère à l’âge de 2 ans », confie-t-il à son auditoire. Une berceuse qu’il chantera en serrant dans ses bras Zina, une jeune chanteuse de vingt ans, « l’âge de ma fille aujourd’hui », dit-il. Zina à qui il donnera généreusement l’opportunité de montrer son beau filet de voix en lui laissant, en fin de concert, la scène, le temps d’un My Funny Valentine en solo (ce qui cassera néanmoins l’ambiance sicilienne) et avec qui il reviendra pour les bis en duo et la conclusion en arabe avec Sidi Mansour, un air du répertoire tunisien.
Accompagné de son talentueux orchestre de 8 musiciens polyvalents alternant, avec une qualité de son impeccable, les cuivres festifs sur Lu mircatu, les flûtes, guitares et percussions aux consonances orientales pour la complainte amoureuse Carrettieri, les tambourins, xylophone et flûte pour le sautillant et coloré « air du marché » N’tintiriti, ou faisant jouer les duos, saxo et accordéon, pour l’interlude du Parrain ou encore piano et accordéon pour un autre interlude, Alagna a aussi intercalé des passages a cappella dans certains morceaux. Comme dans ce superbe hymne « qui parle de la mort et de l’espoir qui s’ensuit » qu’il interprète, genoux à terre, avec une vraie sensibilité, à la manière d’une longue litanie, avec une musique qui décroît progressivement jusqu’à s’éteindre, laissant la pleine étendue à l’accordéon, puis à sa seule voix, avant d’éclater à nouveau en une cascade de sonorités claires comme le retour de la lumière...
S’adressant avec humour et complicité à son auditoire et variant les tenues (il passera, au cours de la soirée, de la veste smoking blanche et nœud papillon rapidement dégrafé, à la chemise noire sur pantalon du même ton, puis au costume blanc. Ce dernier changement provoquera même un léger couac de micro rapidement réglé), c’est avec l’expressivité faciale et gestuelle d’un ténor rompu à la scène opératique, et néanmoins avec le naturel qui le caractérise, que Roberto Alagna jouera aussi bien les mafieux du Padrino en chantant Parla piú piano, qu’il vibrera au sacré d’une prière sicilienne improvisée ou tourbillonnera sur les rythmes légers et entrainants de Si maritau Rosa et des Filles du bord de mer, « ballade inspirée à Adamo, un autre Franco-Sicilien par la précédente », dira-t-il.
Un concert non opératique qui a ravi les nombreux inconditionnels d’Alagna – même si une poignée de puristes regrettait qu’il n’ait pas chanté l’ombre d’un (e) aria. Le « Sicilien » avait pourtant annoncé la couleur !
Deux heures d’un concert qui a transporté le public sur les rivages, dans les cités, les villages, les marchés, les maisons et jusqu’aux arrière-cours de la plus grande île de la botte italienne. Rien que par la magie de la voix de ce « Sicilien » magnifique qu’est Roberto Alagna, de son charisme et de son expressivité. Deux heures de chansons tirées du répertoire de la terre d’origine du ténor franco-italien. Et plus d’une quinzaine d’airs traditionnels, réarrangés par Yvan Cassar et son orchestre – le clan des musiciens d’Alagna qui l’accompagne partout – et interprétés, en version classique, par cette vedette de l’art lyrique qui n’hésite pas à franchir les limites de l’opéra pour faire des incursions dans une certaine « variété de souche », comme celle de Luis Mariano ou les...


Heureuse que nos amis libanais aient pu profiter de notre ténor absolument prodigieux Que Roberto Alagna soit remercié pour tout le bonheur qu'il dispense a tous ses admirateurs Opéras "Sicilien " " Mariano " tout est prétexte à rendre les gens heureux Merci Roberto et bravo à vous ,amis libanais de l'avoir accueilli avec autant d'enthousiasme et amour Et "Amour " Roberto connait le vrai sens de ce mot Amitiés Gina
18 h 06, le 11 juillet 2011