Rechercher
Rechercher

Mode - Semaine De La Haute Couture

L’hiver prochain est un grand cru

Pour cette collection, Saab affirme s’être inspiré des paysages scintillants des mégalopoles.

Suite et fin de la semaine parisienne de la haute couture automne-hiver 2011-2012. La page John Galliano a été définitivement tournée lundi 4 juillet par Dior, dont le défilé a présenté une collection couture éclectique, signée par Bill Gaytten, l’ancien bras droit du créateur, en attendant la nomination d’un prochain directeur artistique.
Gaytten devrait assurer l’intérim ces prochains mois, alors que la direction de Dior dit vouloir prendre « tout son temps » avant de nommer son prochain directeur artistique.
Au lieu de piocher dans les archives de la maison – « on a beaucoup fait ça ces derniers temps » –, il a préféré trouver l’inspiration à la fin des années 70, début 80, au Palace, grande boîte de nuit parisienne de l’époque, mais aussi auprès de l’architecte Franck Gehry ou du graphiste Jean-Paul Goude. M. Toledano félicite le styliste, estimant que son équipe, « sûre d’elle », travaille « dans la continuité de ce qu’est Dior depuis sa création », et que la collection évoque « féminité et douceur », émaillée de « moments de lumière ».

Armani japonisant
Mardi, sous le regard des actrices Katie Holmes, qui s’est levée pour offrir une « standing ovation » individuelle au couturier, et Cate Blanchett au premier rang, Giorgio Armani a présenté sa ligne couture, baptisée « Privé », sous la forme cette saison d’un enthousiaste « hommage au Japon ».
Dans cet océan de robes bustier, créées par le couturier italien élu par Charlene pour son mariage au prince Albert de Monaco, plusieurs mannequins, spectaculairement coiffées à la mode geisha revisitée, avancent à tout petits pas. Fleurs de lotus, comme sur les estampes japonaises, rivalisent avec des cerisiers en fleurs. Une cape kimono en velours noir, portée sur une robe cocktail en soie et velours, suscite des applaudissements spontanés.

Kayrouz pétillant
Les bulles, légères et pétillantes comme le champagne, ont dominé le défilé du trentenaire Rabih Kayrouz, au couvent des Cordeliers. Les couleurs vont de la craie au bleu marine, en passant par un léger jaune citron et un pêche couleur chair. Beaucoup de maille juxtaposée à de la soie ou des broderies anglaises émaillées de tout petits trous – ou bulles – qui laissent entrevoir la couleur d’un jupon en dessous. Pour le plus grand bonheur des invités, les mannequins ont défilé pieds nus sur un tapis de PVC recouvert d’eau. Comme toujours, le couturier n’a pas pris parti entre les saisons, cultivant un éternel printemps.

Iris organique
Des créatures marines, avec écailles et tentacules, sont apparues chez la Néerlandaise Iris Van Herpen, nouvelle invitée dans le calendier de la couture, qui avait proposé une première collection remarquée dans le « off » de janvier. La jeune femme de 27 ans, dont les créations ambitieuses ont déjà été portées par des stars comme l’Islandaise Björk, a lancé sa griffe en 2007 après quelques stages, notamment chez Alexander McQueen.

Valentino et la délicatesse
De la dentelle et du velours, de la longueur et une fragilité troublante, le défilé couture de l’Italien Valentino pour l’hiver prochain a été, mercredi, l’un des plus applaudis de la saison. Le top model danois Freja apparaît dans de fines dentelles en filigrane bronze doré, des attaches à la chinoise sur le buste. Un manteau de cosaque noir, brodé de sequins or et champagne, scintille sans la moindre trace de tape-à-l’œil, comme ce manteau de brocart or vert qui réchauffe une robe mosaïque de dentelle or et bronze doré. Une robe en lanières de velours noir semble tissée à même le corps. Une robe « nuage » de tulle en dégradés de gris, rebrodée de perles, passe comme en
apesanteur.

Le tour de force de Givenchy
Une douzaine de robes du soir aériennes, aux lignes et couleurs douces, du blanc à l’or clair, étaient présentées par la maison Givenchy dans un salon de la place Vendôme, pour montrer de près le travail méticuleux des ouvrières expertes de son atelier. Comme ce mille-feuille de tulle de soie, avec des centaines de pastilles dont l’épaisseur décroît du bas jusqu’en haut, 36 superposées l’une sur l’autre au niveau de la jupe pour créer des épaisseurs, seulement 16 autour de la taille puis 8 sur le buste avant de laisser place à la transparence du cou. Un mois de travail à elle toute seule.

Hommage à l’architecture chez Saab
Bleu aigue-marine, rose blush, bleu nuit grisé, ou brun rehaussé de bronze, le Libanais Élie Saab a proposé une quarantaine de robes, brodées et aériennes, pour le soir. Quelques robes de cocktail, plus courtes, mais pas un seul pantalon.
Avec leurs broderies de mille perles, cristaux ou paillettes, munies parfois de courtes traînes et souvent de longues jupes volumineuses, en mousseline ou en tulle, impossible de passer inaperçue, même au bal d’une princesse de sang royal. La variété des dos nus, drapés ou cadrés de façon plus géométrique, est infinie. Le plus troublant reste ce modèle où passe un simple filament argenté sur les omoplates, soulignant leur vulnérabilité. Pour cette collection, Saab affirme s’être inspiré des paysages scintillants des mégalopoles.

Simoens en Nosferatu
Le Français Maxime Simoens, 27 ans, aime décidément les années 1920. Pour sa deuxième collection en couture, il s’inspire de Nosferatu, pour le côté sombre, mais aussi des lignes épurées de l’Art déco. Ses femmes en tailleur pantalon ou en sarouel, « pour plus de modernité et l’envie de jouer sur le masculin-féminin », prennent des allures garçonnes. La soie rustique japonaise s’égaye de broderies cloutées en doré vieilli, de dentelle et de renard doré.

Chanel reconstitue la place Vendôme sous la verrière du Grand Palais
Chanel a reconstitué mardi soir la célèbre place Vendôme, carrefour parisien du luxe, sous la verrière du Grand Palais pour son défilé couture hivernal dominé par le noir, le tweed et des robes du soir du plus grand chic. En haut de la colonne figurant la place, trône une statue de Coco Chanel, reconnaissable à son tailleur et son petit chapeau que portaient d’ailleurs la plupart des mannequins. Les lampadaires aux pieds transparents, sur fond de décor noir scintillant, et les néons dessinant les contours des immeubles complètent le tableau. Le premier modèle avance en tailleur en tweed, signature de la maison, même si Karl Lagerfeld aime souvent jouer sur des matières plus techniques, avec une veste à double boutons et aux manches trois quarts.
Du blanc, du gris et du noir, parfois une veste violine. Et des broderies de plus en plus riches. Arrive le soir, avec une robe plissée grise en trois volets portée sous une veste courte scintillante. La mariée, dans une longue toge de soie ivoire largement drapée devant, tourne les talons pour laisser admirer sa cape brodée d’un motif de feuilles argentées.

Jean Paul Gaultier, moment fort des défilés couture, entre plumes et tutus
« Mon truc en plume » chante Zizi Jeanmaire à la fin du défilé couture de Jean Paul Gaultier, applaudi à tout rompre, où les tutus de danseuse ont rivalisé avec des plumes multicolores, du perroquet au coq, autruche et même
pintade.
Les pièces-phares du couturier sont là, même si le corset se fait rare et que la marinière est figurée par de larges rayures de fourrure sur les jupons.
La chanteuse Mylène Farmer et sa chevelure de feu ont joué la surprise en fin de défilé, veste courte en cuir, lacée dans le dos, sur un mini-tutu se prolongeant en traîne. « Je, je suis libertine... ». Gaultier, venu saluer en élégante queue-de-pie pour changer de son éternel tee-shirt noir, dit s’être inspiré du film Black Swan, vision schizophrène du Lac des Cygnes.
La maison Gaultier est récemment passée sous pavillon espagnol, le groupe Puig étant devenu actionnaire de référence de la société en mai. M. Gaultier en conserve toutefois la direction artistique.
Suite et fin de la semaine parisienne de la haute couture automne-hiver 2011-2012. La page John Galliano a été définitivement tournée lundi 4 juillet par Dior, dont le défilé a présenté une collection couture éclectique, signée par Bill Gaytten, l’ancien bras droit du créateur, en attendant la nomination d’un prochain directeur artistique.Gaytten devrait assurer l’intérim ces prochains mois, alors que la direction de Dior dit vouloir prendre « tout son temps » avant de nommer son prochain directeur artistique.Au lieu de piocher dans les archives de la maison – « on a beaucoup fait ça ces derniers temps » –, il a préféré trouver l’inspiration à la fin des années 70, début 80, au Palace, grande boîte de nuit parisienne de l’époque, mais aussi auprès de l’architecte Franck Gehry ou du graphiste...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut