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Culture - Exposition

Rasha Kahil s’invite « In Your Home »

Des pièces d’appartement, un corps de femme a moitié nu, voilà le décor qu’a planté Rasha Kahil pour sa série de clichés baptisée « In Your Home » et accrochée jusqu’au 30 juillet à la galerie Running Horse*.

De Caledonian Road (Londres)...

«Ce n’est ni un cri ni de la provocation», avoue Rasha Kahil dès le début de la rencontre, mais un dialogue entre deux espaces «intimes», celui du corps (de l’artiste) qui est exhibé dans les photos et celui du chez-soi.
En choisissant au hasard une pièce d’une maison et en posant dans cet espace, l’artiste a établi un lien entre la surface physique et la surface matérielle, la présence et l’absence.
Tout a commencé en 2008 lorsque, se trouvant seule dans la maison d’un ami, Kahil (grafic design à l’AUB et masters en communication à Londres) se livre à un jeu. Très vite, elle ôte le haut et achève son autoportrait en quelques minutes en réglant le self-timer de sa caméra. Plus tard, l’idée fait son chemin et le projet est en construction. De 2008 à 2011, plus d’une trentaine de photos seront captées dans différents coins de la maison, ainsi que dans différents pays. De Londres aux États-Unis, en passant par le Liban, l’artiste s’incruste entre les meubles, s’imbrique telle une pièce manquante d’un puzzle, révélant ainsi la métamorphose d’un corps tout autant qu’un état d’esprit. «Lorsque je vois les clichés avec un peu de recul, je me rends compte des changements de mon physique à travers le temps», dit Kahil. «C’est comme si ces transformations marquaient le temps», ajoute-t-elle.
Le corps – le sien ou celui des autres – a toujours été au centre des études et du travail de Rasha Kahil. Il est un instrument, un outil qu’elle parvient à modeler à loisir pour le fusionner avec le champ environnant, mais aussi un réceptacle des réactions. Son discours artistique n’est pas une recherche de perfectionnisme puisqu’elle travaille avec un simple appareil de 35 mm digital – elle en est donc à attendre le développement des photos et la surprise qu’il entraîne. Son discours à elle est plus qu’une recherche. Une exploration de l’imprévu, de cet instant d’étonnement.
Comment s’approprier l’espace que ce corps habite? Comment superposer deux privés, le domestique et le personnel? Comment créer un lien entre les deux ou encore un «clash», ressenti par l’œil, à travers cette planche de contact appelée photographie. Enfin, comment créer une interaction entre ces deux lieux privés, d’une part, et une galerie publique, de l’autre, autant de questions auxquelles l’artiste tente de répondre par ce travail à la fois intuitif et élaboré, et en faisant partager cet exercice ludique avec le regard des autres.

* Running Horse (Quarantaine). Tél. : 01/562778.
Horaires d’ouverture : du lundi au vendredi de 12h00 à 19h00 et les samedis de 14h00 à 17h00.
«Ce n’est ni un cri ni de la provocation», avoue Rasha Kahil dès le début de la rencontre, mais un dialogue entre deux espaces «intimes», celui du corps (de l’artiste) qui est exhibé dans les photos et celui du chez-soi. En choisissant au hasard une pièce d’une maison et en posant dans cet espace, l’artiste a établi un lien entre la surface physique et la surface matérielle, la présence et l’absence. Tout a commencé en 2008 lorsque, se trouvant seule dans la maison d’un ami, Kahil (grafic design à l’AUB et masters en communication à Londres) se livre à un jeu. Très vite, elle ôte le haut et achève son autoportrait en quelques minutes en réglant le self-timer de sa caméra. Plus tard, l’idée fait son chemin et le projet est en construction. De 2008 à 2011, plus d’une trentaine de photos seront...
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