Il est toutefois "peu probable" que l'Allemagne lance un mandat d'arrêt contre le leader libyen ou qu'elle le traduise en justice un jour.
"Le Parquet fédéral enquête pour le moment uniquement dans le but de rassembler d'éventuelles preuves, ici en Allemagne, pour la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye", a indiqué le porte-parole du parquet fédéral, Stefan Schmidt.
Le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, avait demandé à la mi-mai aux juges de délivrer des mandats d'arrêt pour crimes contre l'humanité contre le colonel Mouammar Kadhafi, son fils Seif Al-Islam et le chef des renseignements libyens, Abdallah Al-Senoussi.
Le parquet fédéral a été saisi de plusieurs plaintes concernant les agissements du régime de Tripoli lors des combats contre la rébellion qui secouent le pays depuis début mi-février.
L'une d'elle vise des tirs de missiles sur des civils par des militaires libyens, mi-mars, dans la ville portuaire de Brega, et qui avaient tué plusieurs personnes, dont des membres de la rébellion auxquels un homme d'affaires allemand, Jürgen Todenhöfer, rendait visite.
"Ce tir de missile est le point de départ qui permet à la justice allemand d'enquêter, mais nous étudions l'ensemble des évènements" lors du conflit libyen, a précisé le porte-parole à l'AFP .
L'Allemagne s'est dotée en 2002 d'une loi lui permettant de poursuivre les auteurs de génocides, crimes contre l'humanité et crimes de guerre partout dans le monde.
L'Allemagne a refusé de participer aux opérations de l'Otan pour protéger les civils libyens contre les exactions de Kadhafi.

