"Nous vous félicitons pour les résultats des élections tenues le 12 juin", écrivent les deux dirigeants européens dans un communiqué commun.
"Le résultat ouvre la voie à un renforcement des institutions démocratiques de la Turquie, ainsi qu'à une modernisation du pays, dans la ligne des valeurs et standards européens", poursuit le texte.
"Nous sommes convaincus que la période qui s'ouvre offre de nouvelles possibilités pour de nouvelles réformes, y compris pour travailler à une nouvelle Constitution dans le cadre de la plus large consultation possible et dans un esprit de dialogue et de compromis, et pour le renforcement de la confiance entre la Turquie et les Etats membres de l'UE", écrivent Herman Van Rompuy et José Manuel Barroso.
"Des progrès dans ces domaines devraient également donner un nouvel élan aux négociations d'adhésion avec l'Union européenne", ajoutent-ils.
Le parti issu de la mouvance islamiste de M. Erdogan a remporté dimanche une victoire écrasante aux législatives, s'assurant une troisième législature consécutive.
L'AKP n'obtient cependant pas la majorité des deux tiers au Parlement pour modifier, sans avoir à consulter l'opposition, la Constitution héritée des militaires après leur putsch de 1980.
Mais M. Erdogan a promis qu'il rechercherait "le plus vaste consensus" avec l'opposition et la société civile pour "rédiger une nouvelle Constitution libérale digne de la Turquie".
Ses détracteurs ont dénoncé ses tendances autocratiques et lui prêtent l'ambition de se hisser plus tard au poste de chef de l'Etat, dans le cadre d'un régime présidentiel.
L'UE a été la grande absente de la campagne, un projet auquel beaucoup d'électeurs ne croient plus.
Les négociations d'adhésion piétinent en raison de l'opposition de la France et de l'Allemagne à une pleine adhésion turque, mais aussi du blocage politique sur l'île divisée de Chypre, Ankara refusant d'ouvrir ses ports et aéroports à la république de Chypre, pourtant membre de l'UE.

