"Nous demandons au procureur de mener une analyse préliminaire des crimes commis par le régime syrien", a déclaré à l'AFP Yaser Tabbara, un avocat membre de l'organisation de défense des droits civiques des Musulmans CAIR, basée aux Etats-Unis.
M. Tabbara faisait partie d'une délégation qui s'est rendue mardi à la CPI, à La Haye, pour déposer une "communication" au bureau du procureur.
Plus de 1.100 civils syriens ont été tués par le régime de Damas depuis le début du mouvement de contestation, selon M. Tabbara, qui assure que des "meurtres et tortures, c'est-à-dire des crimes contre l'humanité", ont été commis.
"Nous avons bien reçu la communication", a précisé à l'AFP Florence Olara, une porte-parole du bureau du procureur. "Maintenant, il faut voir si nous sommes compétent pour ces crimes, ce qui serait surprenant vu que la Syrie n'est pas un Etat partie au Statut de Rome", le traité fondateur de la CPI.
Une cinquantaine de Syriens habitant aux Pays-Bas se sont par ailleurs réunis devant la CPI, a constaté un journaliste de l'AFP. Ces manifestants, certains portant un drapeau syrien sur le dos, ont demandé la fin des violences dans leur pays d'origine et l'arrestation du président syrien.
"Nous voulons Bachar à La Haye maintenant!", "Arrêtez le boucher", pouvait-on lire sur un panneau brandi par l'un d'eux.
"Le but de notre démarche ici devant la CPI, c'est de mettre la pression sur le régime", explique à l'AFP Kawa Rashid, 38 ans, un des Syriens présents à La Haye. "Si le procureur mène une analyse préliminaire, il y aura cette pression".
La CPI, entrée en fonction en 2002, est le premier tribunal international permanent chargé de juger les auteurs de génocide, de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre.

