"Nous sommes venus à Benghazi pour faciliter le dialogue entre les deux camps. La Russie est dans une position unique car elle a toujours une ambassade à Tripoli et elle vient rencontrer la rébellion aujourd'hui", a indiqué aux journalistes à son arrivée à l'aéroport de Benghazi vers 09H00 GMT M. Marguelov, premier émissaire russe à se rendre à Benghazi depuis le début de l'insurrection à la mi-février.
Il a précisé qu'il serait mercredi au Caire et qu'il était "ultérieurement disposé à se rendre à Tripoli", sans préciser dans quels délais.
M. Marguelov, représentant du Kremlin pour l'Afrique, a ensuite rencontré dans Benghazi plusieurs responsables du Conseil national de transition (CNT), la direction politique de la rébellion, dont son président Moustapha Abdeljalil.
Au terme des discussions, M. Marguelov a répété devant la presse l'engagement de son pays en faveur d'un dialogue, tout en assurant: "Nous croyons que Kadhafi a perdu sa légitimité dès la première balle qui a tué un innocent".
Estimant que les "frappes aériennes (de l'OTAN) ne résolvent pas les problèmes", l'envoyé du Kremlin a insisté : "Nous sommes en faveur d'une solution politique, pas d'une escalade militaire".
Le président russe Dimitri Medvedev avait appelé le colonel Kadhafi à quitter le pouvoir, au cours du dernier sommet du G8 en France, tout en critiquant les opérations armées de l'Otan en Libye, jugeant que l'Alliance atlantique outrepassait le mandat de l'ONU.
La Russie s'était abstenue en mars pendant le vote à l'ONU de la résolution 1973 autorisant des frappes internationales en Libye.
"Nous sommes prêts à aider le peuple libyen sur les plans politique et économique", a-t-il poursuivi.
Le responsable de l'Information au CNT, Mahmoud Chammam, lui a répondu que le CNT était prêt à "recevoir de l'aide financière de la part de la Russie, pas après-demain, mais dès demain".
Il a assuré que la première chose que le CNT a dit à l'émissaire russe était que la rébellion ne "voulait toujours pas du régime de Tripoli, ne voulait pas de Kadhafi, et que le seul message qu'il pouvait transmettre à Kadhafi de la part de la rébellion était: "Partez!".
Puis, relevant l'expression "guerre civile" employée par Mikhaïl Marguelov en réponse à une question, M. Chamman a sèchement répliqué: "Il ne s'agit pas d'une guerre civile, il s'agit d'une guerre criminelle menée par Kadhafi contre le peuple libyen".
M. Marguelov devait ensuite quitter mardi Benghazi pour Le Caire.


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