"L'Agence a donné suffisamment de temps au gouvernement syrien pour coopérer pleinement concernant le site de Dair Alzour (Al Kibar), mais il ne l'a pas fait", a déclaré le Japonais selon le texte d'un discours tenu devant le conseil des gouverneurs de l'agence onusienne, qui se réunit à huis clos jusqu'à vendredi.
"Nous avions néanmoins obtenu suffisamment d'informations pour tirer une conclusion", a-t-il ajouté. "J'ai jugé qu'il était approprié d'informer les Etats membres de notre conclusion à ce stade, car il n'est dans l'intérêt de personne de laisser cette situation s'éterniser", a-t-il argumenté.
Dans un récent rapport, l'AIEA a durci sa position concernant la Syrie en déclarant pour la première fois depuis le début de son enquête il y a trois ans que le site d'Al Kibar, détruit par l'aviation israélienne en septembre 2007, était "très probablement" un réacteur nucléaire.
Cette position a préparé le terrain à l'élaboration d'une résolution par les Etats-Unis, qui militent depuis des mois pour saisir le conseil de sécurité des Nations unies sur ce dossier. Washington, soutenu notamment par Londres et Paris, pointe du doigt le non respect des engagements internationaux de la Syrie.
Damas a toujours affirmé que le site était une installation non nucléaire mais n'en a fourni jusqu'à présent aucune preuve, refusant systématiquement l'accès des inspecteurs de l'agence au site après une unique visite en juin 2008.
Sous la menace d'une saisine de l'ONU et de sanctions, le pays s'est, in extremis, dit prêt à poursuivre les discussions après la réunion du conseil des gouverneurs, une proposition jugée "dilatoire" par les Occidentaux.
L'Iran, l'autre grand dossier problématique de l'agence, figure aussi au menu de la réunion des 35 membres du conseil.
Le pays continue de stocker de l'uranium faiblement enrichi, malgré une série de sanctions de l'ONU, et refuse de collaborer quant au présumé caractère militaire, selon les pays occidentaux, de son programme nucléaire.
L'agence "a reçu de nouvelles informations concernant des activités nucléaires non déclarées, passées ou présentes, qui semblent indiquer l'existence d'une possible dimension militaire au programme nucléaire iranien", a déclaré M. Amano dans son discours.
"Il y a des indications montrant que certaines de ces activités pourraient avoir continué jusqu'à récemment", a-t-il poursuivi, reprenant les éléments du dernier rapport de l'AIEA concernant la République islamique.
Après huit ans d'enquête, l'agence n'est toutefois toujours pas en mesure de déterminer clairement si le programme nucléaire de Téhéran a des visées pacifiques ou militaires.

