La 33e division est en charge d'une vaste région du sud-ouest du Yémen incluant Bab al-Mandeb, un détroit à l'entrée de la mer Rouge et un lien stratégique entre l'océan Indien et la Méditerranée, notamment pour le passage des pétroliers.
Le général Hachedi a annoncé à Taëz, au sud-ouest de Sanaa, sa défection après avoir rappelé, sous la pression d'un groupe de ses officiers et soldats, des troupes envoyées ces deux derniers jours dans le centre de Taëz pour réprimer des protestations hostiles au régime, a indiqué la source militaire.
De même source, on ajoute que "les officiers et les soldats ont proclamé leur refus d'obtempérer aux ordres leur demandant de tirer sur les protestataires" à Taëz, où un sit-in de protestation sur la Place de la Liberté avait été démantelé le 29 mai par la force au prix de plus de 50 morts.
Les militaires ont en outre expulsé un officier de la 33e division blindée, le général Ahmed Handhal, qui a refusé de faire défection, selon la même source.
Le 33e division, dont la défection fait suite à celle en mars dans le nord de la première division blindée dirigée par le général Ali Mohsen, contrôle tout le sud-ouest du Yémen, incluant Bab al-Mandeb, les régions côtières du sud de la mer Rouge et d'une partie du Golfe d'Aden.
Sur le terrain, la Garde républicaine, corps d'élite de l'armée resté fidèle à M. Saleh, a bombardé samedi à l'artillerie la Place de la Liberté à Taëz, brièvement reprise vendredi par les protestataires après le retrait des forces gouvernementales, selon des témoins.
En reprenant symboliquement la Place de la Liberté, "les jeunes protestataires retrouvent leur dignité, bafouée par les forces de Saleh qui ont brutalement évacué la place le 29 mai", a déclaré à l'AFP une militante des droits de l'Homme.
Une enquête est toujours en cours sur "l'ampleur du crime", qui a coûté la vie à des dizaines de personnes "dont des handicapés", et sur le "nombre de disparus lorsque (la troupe) a mis le feu à des tentes" du sit-in, a-t-elle ajouté.
Des hommes armés, qui se présentent comme "les Aigles de la Liberté", ont fait leur apparition samedi dans les rues de Taëz où ils se sont heurtés à des partisans armés du régime, selon les témoins.
Taëz, à 270 km au sud de Sanaa, est l'une des premières villes à s'être soulevée contre M. Saleh.

