"Cet organisme sera chargé de jeter les bases d'un dialogue national, de déterminer son mécanisme et son programme", a indiqué la télévision.
M. Assad, qui s'est réuni avec les membres de cet organisme, leur a demandé de "formuler les principes généraux du dialogue qui va s'ouvrir de manière à créer un climat adéquat pour que les différents courants puissent s'exprimer et présenter leurs propositions".
Cet organisme est composé du vice-président Farouk al-Chareh, de hauts responsables du parti Baas, et du Front national progressiste (FNP, coalition de partis dirigés par le parti Baas), ainsi que d'un écrivain et d'un professeur.
"Les différentes parties devraient ainsi contribuer à élargir la participation (à la vie politique), en contribuant à l'élaboration d'une loi électorale et d'une loi sur les partis" politiques, a ajouté le président Assad.
Cette mesure a été précédée par l'annonce mardi d'une amnistie générale s'étendant aux membres des Frères musulmans et aux détenus politiques, une revendication essentielle des opposants. Des centaines de prisonniers politiques et de conscience ont été libérés mercredi, a annoncé le chef de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, Rami Abdel-Rahmane, basé à Londres.
Depuis le début des manifestations, les autorités ont annoncé une série de réformes. Le 21 avril, M. Assad a levé l'état d'urgence, en vigueur depuis près de 50 ans, qui réduisait sensiblement les libertés publiques.
D'autres mesures ont été prises, telle la formation de commissions pour rédiger une nouvelle loi électorale et une loi autorisant les partis politiques.
Mais parallèlement, malgré les promesses, la répression des manifestations s'est poursuivie.
Les militants politiques appellent les autorités à introduire "un véritable changement démocratique" et réclament notamment des lois modernes, sur les élections, les partis politiques et la presse, une nouvelle Constitution qui mettrait fin à la suprématie du parti Baas au pouvoir depuis 1963, ainsi que la libération de tous les détenus politiques.
L'annonce mercredi survient alors que plus de 300 opposants, pour la majorité exilés, étaient réunis, et pour trois jours, à Antalya en Turquie pour soutenir la contestation en Syrie et réclamer le départ du président Assad.
Selon les organisations de défense des droits de l'Homme, plus de 1.100 civils ont été tués et au moins 10.000 personnes ont été interpellées dans le pays depuis le début de la révolte à la mi-mars.
Human Rights Watch a dénoncé mercredi des "crimes contre l'humanité" dans la région de Deraa, dans un rapport intitulé "Nous n'avons jamais vu une telle horreur" et évoquant une cinquantaine de témoignages qui décrivent des tueries systématiques, des passages à tabac, des tortures avec des électrochocs et la détention de personnes nécessitant des soins médicaux.


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