Trente ans plus tard, le mur est toujours la star du show... (DR)
The Wall raconte l'histoire de Pink, rock star oppressée dès son enfance, qui construit un mur imaginaire autour de lui pour se protéger des autres avant de sombrer dans la folie.
Pink Floyd avait créé un show gigantesque pour la tournée originelle du double album en 1980-81. Chaque soir, un mur était construit sur scène entre le groupe et le public, puis détruit.
Trente ans plus tard, le mur est toujours la star du show. Mais Roger Waters a voulu utiliser toutes les avancées technologiques survenues entre-temps pour accroître au maximum les effets visuels et sonores de l'histoire.
Le résultat est époustouflant. Tout au long de la première partie du concert, des techniciens construisent brique par brique un mur de 10 mètres de haut sur la scène de Bercy, cachant progressivement le groupe au regard du public.
Sur cette page blanche sont projetées des images et des vidéos qui servent d'accompagnement à chaque titre, parfois en 3D.
Les célèbres dessins animés réalisés par Gerald Scarfe succèdent à des images de graffitis rappelant les créations de l'artiste britannique Banksy, des vols d'oiseaux se transforment en bataillon de bombardiers.
Lors d'un clin d'œil mégalomaniaque, Roger Waters joue même Mother en duo avec son double, grâce à du son et des images captés lors d'un concert à Londres en 1980.
Le spectacle est aussi sonore, des bruits de mitraillette, d'avions en rase-mottes traversant Bercy comme s'ils venaient du fond de la salle.
Roger Waters a aussi gardé les éléments mythiques de la tournée de 1980: les effets pyrotechniques, les marionnettes géantes, cauchemardesques de la mère, du professeur et de la mère de Pink, les drapeaux frappés du célèbre double-marteau et, bien sûr, un cochon gonflable noir qui survole le public.
Le groupe est imposant. Une dizaine de musiciens (chanteurs, choristes, guitaristes, batteur...) entourent Roger Waters et donnent à sa musique une puissance et un son plus rock que sur l'album.
Leur absence pèse dans les moments où l'ancien bassiste de Pink Floyd se retrouve seul sur scène et tente d'incarner «Pink», sans en avoir réellement le charisme, ni la voix.
Autre faiblesse, Roger Waters a voulu réactualiser le concept de The Wall en en faisant une allégorie des troubles du monde et, plus particulièrement, un manifeste antiguerre.
Mais il utilise une symbolique particulièrement lourde, n'hésitant pas à projeter en gros plan les visages en pleurs ou ensanglantés de soldats et de victimes de conflits en Irak, Iran...

