Aujourd'hui, c'est cette autre facette du célèbre artiste américain (1898 - 1976) qui est ainsi révélée au public à travers une exposition qui se tient à la National Portrait Gallery à Washington sous le titre «Les portraits de Calder: un nouveau langage». Ici, il fait du simple fil de fer son média. Utilisant des tenailles et de ses mains, il trace des visages et des silhouettes tridimensionnels à fond perdu et dont la plupart, à l'instar de ses mobiles, sont suspendus au plafond. Ils sont une vingtaine, faits uniquement de contours et sans volume aucun. Quelques-unes de ces œuvres sont accompagnées de la photo ou du croquis de la personne représentée pour mieux montrer le processus de travail. Il y a en particulier une photographie du compositeur Edgar Varese qui avait des traits très marqués: sourcils épais, bouche en biais et paupières lourdes. Calder le restitue dans un portrait naturiste et déstructuré: sourcils gribouillés et mèches de cheveux tombant sur le nez. Le tout spectaculairement réalisé avec un seul fil de fer.
Des mobiles détruits à Beyrouth
La responsable de l'exposition explique: «Cela prouve que Calder s'adonnait continuellement à l'expérimentation, même avec un sous-genre tel que le fil de fer.» Ses autres modèles? Ses amis de l'intelligentsia et les célébrités de divers horizons: de Jean-Paul Sartre au joueur de base-ball Babe Rtuth, en passant par le président américain Calvin Coolidge, Arthur Miller, John Rockefeller et Fernand Léger. Et, parmi ses rares sujets féminins, la joueuse de tennis Helen Wills, captée de pied en cap et en pleine action. L'accent est mis sur son effort physique: jambes longues, dont l'une lancée en arabesque, comme pour mieux atteindre le filet, et sa raquette prolongeant son bras.
L'autoportrait de l'artiste, qui trône à l'entrée de la salle d'exposition, voisine avec une série de photos le montrant en train d'exécuter ses sculptures. Elles projettent ce que Calder inspire; du sourire d'un enfant suivant le balancement d'un mobile accroché au-dessus de son berceau, à l'émerveillement des adultes, toujours fascinés par ses grandes formes métalliques qui n'arrêtent pas de se mouvoir dans les grands musées du monde et dans d'autres lieux publics. À noter qu'en 1975, il existait à Beyrouth plusieurs mobiles de Calder qui décoraient les bureaux de la Pan American Airlines, situés à l'époque à la place Riad el-Solh. Les miliciens s'en étaient emparés, sans doute pour les fondre. Également détruite, cette fois lors des attentats du 11 septembre 2001, l'une de ses sculptures, créée en 1971 et installée à l'entrée des tours du World Trade Center.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Aujourd'hui, c'est cette autre facette du célèbre artiste américain (1898 - 1976) qui est ainsi révélée au public à travers une exposition qui se tient à la National Portrait Gallery à Washington sous le titre «Les portraits de Calder: un nouveau langage». Ici, il fait du simple fil de fer son média. Utilisant des tenailles et de ses mains, il trace des visages et des silhouettes tridimensionnels à fond perdu et dont la plupart, à l'instar de ses mobiles, sont suspendus au plafond. Ils sont une vingtaine, faits uniquement de contours et sans volume aucun. Quelques-unes de ces œuvres sont accompagnées de la photo ou du croquis de la personne représentée pour mieux montrer le processus de travail. Il y a en particulier une photographie du compositeur Edgar Varese qui avait des traits très marqués: sourcils épais,...