"L'explosion d'une bombe composée d'un explosif de puissance moyenne placé sur une bicyclette électrique a fait sept blessés dont un policier. Leur vie n'est pas en danger", a dans un premier temps déclaré le chef de la police d'Istanbul, Hüseyin Capkin, dont l'intervention a été retransmise par la chaîne d'information NTV.
La direction de la santé a ensuite publié un communiqué faisant état de huit blessés, dont deux dans un état grave. Il s'agit de personnes âgées de 23 à 55 ans, dont trois femmes.
Une femme a eu un pied arraché par la déflagration et une autre souffre de brûlures du système respiratoire, a déclaré un responsable de cette direction, cité par l'agence de presse Anatolie.
La bombe a explosé vers 09h00 (06h00 GMT) sous un pont, près d'un arrêt d'autobus, dans le quartier cossu d'Ettiler, blessant des passagers d'un autobus et des passants.
Deux autobus, un taxi et une voiture étaient immobilisés avec leurs vitres brisées au coeur du périmètre de sécurité établi par la police dans l'éventualité d'une nouvelle explosion et pour permettre aux spécialistes d'examiner les lieux, selon un photographe de l'AFP.
"Le fait que l'explosion se soit produite très près d'une école de police laisse penser que l'attentat a peut-être visé la police", a commenté M. Capkin, refusant d'émettre des hypothèses sur les responsables éventuels de l'attentat.
L'attentat intervient à moins de trois semaines d'élections législatives, prévues le 12 juin. Plusieurs groupes armées -- kurdes, islamistes et d'extrême gauche -- ont déjà commis des attentats à Istanbul.
Les rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont multiplié lors des dernières semaines les heurts avec les forces de sécurité après avoir menacé en mars de mettre fin à un cessez-le-feu unilatéral décrété en août 2010, déplorant l'échec du gouvernement à dialoguer avec les Kurdes.
"Personne ne peut ébranler notre unité nationale ou notre détermination dans la lutte contre le terrorisme (...) Les coupables ne resteront pas impunis", a déclaré le gouverneur d'Istanbul, Hüseyin Avni Mutlu, évoquant la "forte probabilité" d'une bombe à retardement.
Le dernier attentat commis à Istanbul --une attaque suicide contre des policiers en faction en octobre-- a fait 32 blessés et a été revendiqué par un groupe kurde radical, les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK), considéré par la police comme un paravent utilisé par le PKK pour des attentats pouvant susciter une forte réprobation publique.
En mai, le PKK, considéré par la Turquie et de nombreux pays comme une organisation terroriste, a revendiqué une attaque contre un convoi électoral du parti au pouvoir, qui a fait un mort.
L'attentat a été suivi d'une menace du chef emprisonné du PKK, Abdullah Öcalan, de créer un "enfer" en Turquie à moins qu'Ankara s'engage sur la voie de négociations avec son groupe d'ici le 15 juin.


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