Paris travaille avec Londres à un projet de résolution condamnant la violence du régime de Bachar al Assad contre les manifestants syriens mais sans avoir pu recueillir jusqu'à maintenant de majorité ni avoir pu obtenir la garantie que la Russie ou la Chine ne bloquerait pas l'initiative.
"Nous n'avons pas aujourd'hui la majorité de neuf voix au conseil de sécurité même sur une résolution qui serait purement déclaratoire et la menace d'un veto russe est extrêmement élevée", a expliqué le ministre français des Affaires étrangères en marge d'une réunion avec ses homologues européens à Bruxelles.
"Nous allons en parler au G8 bien entendu. Le président (Nicolas) Sarkozy en parlera avec le président (Dmitri) Medvedev. Nous poursuivons nos efforts", a-t-il ajouté.
Il a par ailleurs indiqué que la France et la Grande-Bretagne n'étaient pas tout à fait en accord sur la tactique à adopter, Londres préférant accélérer les choses alors que Paris a choisi de temporiser jusqu'à la réunion de Deauville.
"Faut-il faire passer à toute force une résolution susceptible de recueillir neuf voix même si elle est édulcorée ou au risque d'un veto russe ? Ou faut-il rester sur un projet de résolution plus dure en se donnant le temps de rallier neuf voix, voire plus, et en se donnant le temps, après les discussions du G8, de diminuer les risques de veto russe ?", s'est-il interrogé.
"Il n'y a pas une convergence absolue (...) Disons les choses clairement. Les Britanniques sont plus allant sur le dépôt d'un projet de résolution, nous préférons attendre quelques jours avant d'y aller", a-t-il conclu.
Le président syrien Bachar al Assad ainsi que neuf membres de son gouvernement et de son entourage se sont vu infliger lundi des sanctions par l'Union européenne, désireuse de peser en vue d'un arrêt des violences dans le pays.

