Cette annonce survient à la veille d'une rencontre entre le Premier ministre israélien et le président américain Barack Obama à Washington.
Selon une porte-parole de l'association israélienne Ir Amim, la commission de planification du ministère de l'Intérieur a donné son feu vert définitif à la construction de 620 logements dans le quartier de colonisation de Pisgat Zeev et de 900 autres à Har Homa, près de la ville palestinienne de Bethléem (Cisjordanie).
M. Netanyahu avait ordonné à plusieurs reprises le report de réunions consacrées à des projets de colonisation à Jérusalem-Est avant des visites dans des capitales européennes.
Côté palestinien, le porte-parole du président Mahmoud Abbas, Nabil Abou Roudeina, a condamné la décision du gouvernement israélien, considérant qu'elle est "la réponse immédiate au discours du président Obama".
Dans un discours très attendu sur le Moyen-Orient, le président américain s'est prononcé pour la première fois jeudi en faveur d'un Etat palestinien sur la base des frontières de 1967, c'est-à-dire la Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem-Est.
Le chef du gouvernement israélien part jeudi soir pour Washington où il prononcera mardi un discours attendu devant les deux chambres du Congrès. M. Netanyahu sera reçu dès vendredi par le président américain.
"Le Premier ministre sacrifie ses relations avec les Etats-Unis au nom de sa loyauté envers les colons. Il ne s'agit pas seulement d'un calendrier affligeant mais d'une politique affligeante qui met en danger la position d'Israël dans le monde", a affirmé le groupe anticolonisation La Paix Maintenant.
"La décision de Netanyahu de discuter de Har Homa et Pisgat Zeev aujourd'hui est un message clair aux Américains sur la véritable politique d'Israël qui refuse de discuter même de (partager) Jérusalem", a déclaré à l'AFP Hagit Ofran, de La Paix Maintenant.
L'annonce considérée comme "malheureuse" d'un projet de colonisation en pleine visite à Jérusalem du vice-président américain Joe Biden en mars 2010 avait déclenché un tollé international.
Depuis la conquête en juin 1967 de Jérusalem-Est à majorité arabe (270.000 Palestiniens), Israël y a construit une douzaine de quartiers de colonisation, où vivent plus de 200.000 Israéliens, et a proclamé l'ensemble de la ville sa capitale "éternelle et indivisible".
Cette annexion n'a jamais été reconnue par la communauté internationale, qui considère le secteur oriental de Jérusalem comme un territoire occupé. Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de l'Etat auquel ils aspirent.

