"La situation de la Jamahiriya arabe Libyenne, unique en son genre, est particulièrement préoccupante", a déclaré le directeur général du secrétariat technique de l'OPCW Ahmet Uzumcu au cours d'une conférence régionale de cette organisation liée à l'ONU.
"Ce pays a demandé un report du délai qui lui a été imparti et qui a expiré hier, le Conseil exécutif est en train d'examiner l'affaire", a-t-il ajouté.
En mars, un porte-parole de l'OPCW a confirmé que 55 pour cent des stocks de gaz moutarde de la Libye avaient été détruits, mais que 11,25 tonnes restaient à éliminer.
Cependant, Tripoli a détruit les munitions susceptibles d'être utilisées en tant que vecteur pour répandre cette arme chimique.
La Libye a rejoint les nations membres de l'OPCW en 2004, le colonel Mouammar Kadhafi ayant alors promis de détruire les stocks de gaz moutarde, un produit utilisé comme arme chimique, en infligeant de graves brûlures aux yeux, à la peau et aux muqueuses, pendant la première guerre mondiale.
Tripoli s'est engagé à détruire ses armes chimiques aux termes de la convention de l'OPCW ratifiée par 188 Etats.
Selon Ahmet Uzumcu, à ce jour "65 pour cent des stocks d'armes chimiques déclarés dans le monde ont été effectivement détruits".
"La destruction des stocks restants avant la date limite finale d'avril 2012 reste un défi", a-t-il souligné.
"Bien que le risque d'un recours à des armes chimiques par les Etats ait été pratiquement éliminé, il y a toujours la possibilité d'une utilisation de ces armes par des acteurs non-étatiques", a averti le directeur de l'OPCW.
Depuis l'entrée en vigueur de la Convention sur les armes chimiques, en avril 1997, l'OPCW a inspecté quelque 2.000 sites industriels dans plus de 80 pays.
Des délégués de 23 pays participent à la conférence de l'OPCW à Tallinn qui prend fin mercredi.

