L'affrontement entre le président et le Guide autour du limogeage du ministre du Renseignement Heydar Moslehi était "vraiment inattendu", a-t-il estimé lors du sermon de la prière du vendredi à l'université de Téhéran.
"Nous n'attendions pas cela de lui (ndlr: Ahmadinejad), mais la crise est passée (...), le calme est revenu et les esprits sont apaisés", a affirmé le religieux, qui préside notamment le Conseil des gardiens de la constitution (conseil constitutionnel).
Il a néanmoins lancé un avertissement voilé contre toute récidive au président, sans le nommer.
"Celui qui prend de mauvaises décisions perdra le soutien du peuple", a-t-il souligné dans une allusion aux déclarations du président se prévalant d'un soutien populaire face à ses détracteurs au sein du camp conservateur.
A plusieurs reprises ces derniers jours, M. Ahmadinejad a fait publiquement allégeance à l'ayatollah Khamenei, en réponse aux injonctions de la majorité conservatrice dure du régime qui avait violemment dénoncé sa rébellion contre le Guide suprême après le limogeage raté de M. Moslehi.
Pour protester contre le veto du Guide à ce limogeage, M. Ahmadinejad s'était spectaculairement retiré de la vie publique pendant une dizaine de jours fin avril, ouvrant une crise inédite au sein du camp conservateur au pouvoir.
L'ayatollah Jannati a aussi averti indirectement M. Ahmadinejad qu'il ne parviendrait pas à protéger indéfiniment le principal conseiller du président, Esfandiar Rahim Machaie, bête noire des religieux conservateurs qui l'accusent d'être à l'origine de la crise et d'entraîner M. Ahmadinejad dans un courant "déviationniste".
"Certains cherchent à entraîner une déviation (du régime), et un jour le régime et le peuple s'occuperont d'eux. Notre intérêt n'est pas de le faire maintenant, mais nous leur ferons connaître dans l'avenir le sort" des précédents opposants internes iraniens, a-t-il averti.

