Sabine Kouyoumjian, l’été dernier au Liban.
À travers ses prises de vues, elle voulait, dit-elle, «emmener ceux qui le voulaient à travers la beauté perdurable du Liban, que j'aime à traduire par ma passion pour la couleur et les visions».
Sabine Kouyoumjian, 17 ans et dernière année de High School, est née à Beyrouth. Elle est arrivée aux États-Unis à l'âge de 3 ans avec ses parents, Richard et Rawïa Kouyoumjian (toux deux dentistes établis dans le Maryland), et sa sœur Cendra, son aînée de trois ans. Scolarisation américaine et environnement aussi, bien entendu, mais ambiance familiale et vacances libanaises avant tout. À 14 ans, elle prend des cours de photographie et participe rapidement à des expositions collectives dans sa commune. Elle suit parfaitement son bonhomme de chemin jusqu'à arriver à présenter son travail à la «Scolastic Alliance for Young Artists and Writers».
Le Liban au cœur et à l'œil
Ce qu'elle demande à son objectif: «que l'ordinaire apparaisse extraordinaire et que les couleurs s'imposent. Et également peindre avec une lumière sous contrôle». Elle a une technique et une manière particulières de capter l'image d'un Liban qu'elle a toujours «au cœur et à l'œil». Elle le parcourt avec son Nikon à l'épaule. Elle fixe notamment l'eau tombant en goutte-à-goutte de robinets, derrière lesquels a poussé un bougainvillier (ceux de la plage Lazy B), une fenêtre rouge dont l'un des volets encadre des branches d'arbre entrelacées, une forme rectangulaire divisée en carreaux noirs et bruns semés de triangles jaunes (en fait, la façade d'un immeuble fait de divisions uniformes), ou encore une ancienne maison à toit rouge délaissée qu'elle a captée en aplat, comme si elle était dessinée au crayon. Autant de visions de la baie de Jounieh qu'elle a saisies à partir d'un bateau en mer.
Dans la présentation de son portfolio, la jeune artiste dit: «Quand le mot Liban flashe dans mon esprit, beaucoup de choses s'y passent. De la nostalgie, certes. À première vue, j'y vois mon paradis, l'espace de ma propre culture. J'entends ma famille et mes amis, j'imagine la vue surréelle du village de mon arrière-oncle, je sens la chaude brise de la Méditerranée, j'ai le goût des plats relevés de ma grand-mère et la réminiscence des journées paresseusement écoulées à la plage, suivies de nuits sans sommeil dans l'énergie nocturne de la ville de Beyrouth. Le Liban n'est pas uniquement ma mère patrie. C'est cette "chose" à laquelle je pense et qui me donne le frisson. C'est mon rêve diurne. C'était donc naturel que je braque mon objectif sur le Liban.»
Sabine Kouyoumjian croit en la photographie, en la chambre noire et au frisson de développer les souvenirs. Car, dit-elle: «La vie est si compliquée et si surchargée que, souvent, on oblitère les petites choses ou même les choses les plus importantes. La photographie m'aide à les recréer.»


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