Des « Rêves de pierre » capturés dans la nuit du Louvre par la caméra de Jean-Christophe Ballot. (DR)
Des ailes Sully et Denon (qui abritent les fameuses Vénus de Milo et Victoire de Samothrace) aux salles des antiquités grecques, étrusques, romaines ou orientales, en passant par les fameuses Cour carrée et Cour Napoléon (au centre de laquelle se dresse la pyramide de verre)..., Jean-Christophe Ballot a hanté le Louvre, tel Belphégor, pour en capturer l'âme somptueuse, l'atmosphère fantastique et l'aura fascinante de cette institution muséale parmi les plus importantes au monde.
À travers la quarantaine de photos, de moyen et grand format, qu'il présente jusqu'au 1er juin au CCF*, il offre au public une vision nouvelle, appuyée et rêveuse des œuvres immémoriales comme de l'architecture et des espaces de ce musée.
Grâce à la scénographie intelligente, qui joue sur plusieurs échelles de grandeur pour accrocher le regard et en rythmer le parcours, le visiteur de l'exposition a l'impression de circuler dans les salles, les cours, les couloirs, les passages et même les terrasses du Louvre. Une manière d'en (re)découvrir, de manière rapprochée parfois, sous un angle nouveau ou une perspective différente - grâce aux jeux de cadrage et d'éclairage mis en œuvre par le photographe -, certaines grandes œuvres universellement connues. À l'instar de la Vénus de Milo, montrée de dos, pour mettre en valeur la perspective d'arcades dans laquelle elle se trouve ou de l'Hermaphrodite endormi, statue de l'antiquité gréco-romaine approchée par la caméra de Gallot avec un savant mélange de flou artistique, d'obscurité et de lumière, mettant en relief son érotisme artistique.
Un regard exceptionnel qui va du détail capturé en gros plan (la tête de saint Jean-Baptiste par exemple) au plan très large, mettant en évidence la riche harmonie des espaces architecturaux et des pièces muséales (une vue donnant sur la Cour carrée depuis la salle des antiquités égyptiennes qui semble «gardée» par un pharaon assis). Un regard fasciné par ce «rêve de pierre» qu'est finalement le Louvre. Et qui transmet sa fascination au public dans cette exposition qui aurait naturellement trouvé sa place sur les cimaises du Musée national de Beyrouth (comme cela a été le cas à Damas, où elle a été précédemment présentée) si la salle des mosaïques, la seule qui aurait pu recevoir un tel accrochage, n'avait pas été en travaux. C'est bien dommage. Imaginez le Louvre dans (ou plutôt sur) les murs de notre Musée national. Même en images, «y' a pas photo», cela aurait été superbe !
* Salle d'exposition du Centre culturel français, rue de Damas. Horaires d'ouverture : du lundi au vendredi, de 13h00 à 19h00. Complément d'informations sur le site de l'artiste : www.jcballot.com

