Mme Ashton s'est dite "profondément inquiète du risque imminent d'exécution de quatre ressortissants bahreïnis" accusés du meurtre présumé de deux officiers de police au cours des manifestations de mars.
"Ces condamnations à mort risquent d'exacerber les récentes tensions à Bahreïn et en tant que telles, représentent un obstacle à la réconciliation nationale", a-t-elle relevé.
"Le fait que ces civils aient été condamnés par un tribunal militaire à huis clos est une autre raison de s'inquiéter", a-t-elle ajouté en rappelant que l'UE était opposée à la peine de mort et que les conventions internationales signées par Bahreïn donnent "à tout individu le droit de faire appel".
Trois autres personnes avaient été condamnées à des peines de prison à vie dans cette affaire.
Human Rights Watch a appelé lundi les autorités bahreïnies à annuler les peines de mort et de prison à vie prononcées par une cour militaire fin avril à l'encontre de sept chiites accusés d'avoir tué deux policiers.
Il s'agit des premières condamnations à mort par des tribunaux militaires créés après la répression à la mi-mars du mouvement de contestation réclamant des réformes démocratiques dans ce petit royaume du Golfe majoritairement chiite et dirigé par une dynastie sunnite.
Amnesty International a aussi appelé Manama à ne pas permettre l'exécution des quatre condamnés à mort, des civils "jugés devant un tribunal militaire spécial" et qui "n'ont pas le droit de faire appel sauf devant un autre tribunal militaire spécial, ce qui soulève de grandes inquiétudes quant à l'équité" du procès, écrit Malcolm Smart, son directeur pour le Moyen-Orient.
Les sept hommes, dont le procès s'est ouvert le 17 avril, étaient accusés d'"homicide volontaire" sur des agents de l'Etat en exercice et "d'intentions terroristes", selon Manama.

