"Les tirs de balles se poursuivent contre les habitants", a indiqué ce militant des droits de l'Homme, Abdallah Abazid, joint par téléphone par l'AFP.
Selon lui, la maison du mufti de Deraa, qui avait démissionné samedi pour protester contre la sanglante répression lancée par les forces de l'ordre, "était encerclée ce matin, mais le mufti ne se trouvait pas chez lui".
"De nouveaux renforts des forces de sécurité et de l'armée sont entrés à Deraa", a-t-il dit. "Il y a un char sur la place Kaziet al-Balad, dans le centre de Deraa".
"La mosquée Abou Bakr Assidiq est la cible de tirs intensifs, et un sniper est posté sur la Mosquée Bilal al-Habachi. Des chars et des barrières sont installés aux entrées de la ville", empêchant les gens de pénétrer à Deraa, a ajouté le militant.
Selon lui, "des soldats de la 5ème division ont fait défection et se sont joints à nous et ils font face" à l'armée qui encercle Deraa.
Le militant a indiqué en outre posséder une liste nominative de 21 personnes qui avaient été tuées lundi à Deraa.
Au moins 25 personnes ont été tuées lundi dans le pilonnage intensif de Deraa, à 100 km au sud de Damas, selon des militants des droits de l'Homme.
Des milliers de soldats syriens appuyés par des chars sont intervenus lundi à Deraa pour mater la contestation contre le régime née dans cette ville du sud du pays, selon des militants des droits de l'Homme.
Mais selon les autorités syriennes, qui accusent depuis le début de la contestation "des gangs criminels armés" d'être à l'origine du mouvement, l'armée est entrée à Deraa "à l'appel des habitants" pour en finir avec "les groupes terroristes extrémistes".
Le régime du président Bachar el-Assad semble avoir opté pour la solution militaire afin d'écraser le mouvement de contestation sans précédent qui secoue le pays depuis six semaines.

