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Des intellectuels syriens dénoncent la répression sanglante

Des écrivains syriens ont publié lundi une déclaration commune pour dénoncer la répression sanglante des manifestations hostiles au président Bachar al Assad, traduisant l'indignation grandissante de l'élite intellectuelle après la mort d'une centaine de personnes ces trois derniers jours.
Selon des organisations de défense des droits de l'homme, les forces de sécurité ont tué plus de 350 civils depuis le début de la contestation sans précédent du régime du président Bachar al Assad. Un tiers d'entre eux ont été tués au cours de ces trois derniers jours alors que la colère gagne du terrain dans le pays.
La majorité des journalistes étrangers ont été expulsés, rendant impossible la vérification de la situation sur le terrain. Des vidéos publiées sur internet par des manifestants montrent des soldats tirant à balle réelle sur des manifestants sans armes. Dans la nuit de dimanche à lundi, les forces de sécurité syriennes, appuyées par des véhicules blindés, sont entrées dans la ville de Deraa, dans le sud du pays, a rapporté lundi un habitant à la chaîne de télévision Al Djazira.
"Ils ont tiré. Des témoins m'ont dit qu'il y avait pour l'instant cinq morts et que des maisons avaient été transformées en hôpitaux", a indiqué Mohsen, un habitant, par téléphone.
La chaîne de télévision Al Arabia a fait état de morts dans la ville sans fournir plus de détails.
La veille, au moins neuf civils avaient été tués par balles à Djabla, ville côtière de l'ouest du pays, par les forces de sécurité et les milices loyales à Assad.
Les militants des droits de l'homme craignent que les forces d'Assad préparent une attaque à Naoua alors que des véhicules militaires et des bulldozers se dirigent vers cette ville du sud du pays.
L'électricité était coupée et les communications téléphoniques étaient impossibles dans certains quartiers de la ville dans la nuit de dimanche à lundi. Certains habitants ont érigé des barricades dans les rues pour se défendre contre d'éventuelles attaques de l'armée.
Naoua est située à 25km environ au nord de Deraa où ont débuté le 18 mars les manifestations contre le régime d'Assad, qui a succédé en 2000 à son père, Hafez, qui était au pouvoir depuis 30 ans.
BARRIERE DE LA PEUR
La déclaration commune publiée lundi a été signée par 102 écrivains et journalistes syriens, présents dans le pays ou exilés, représentatifs de toutes les religions.
Le texte appelle les intellectuels syriens "qui n'ont pas brisé la barrière de la peur de prendre une position claire."
"Nous condamnons les pratiques violentes et oppressives du régime syrien contre les manifestants et nous pleurons les martyrs du soulèvement."
Parmi les signataires figurent des figures alaouites - une minorité dont est issu Assad -, comme l'ancien prisonnier politique Loay Hussein, des femmes écrivains Samar Yazbek et Hala Mohammad et le réalisateur Mohammad Ali al Attassi.
A Homs, ville du centre de la Syrie, les forces de sécurité ont arrêté Mansour al Ali, personnalité en vue de la minorité alalouite au pouvoir, qui avait condamné la riposte du régime aux manifestations, a déclaré à Reuters un défenseur des droits de l'homme.
Vendredi, la journée la plus meurtrière du mouvement de contestation, au moins 100 personnes ont été tuées par les forces de sécurité qui ont tiré sur des manifestants qui réclamaient des libertés politiques et la fin de la corruption.
Samedi, l'armée a ouvert le feu lors des funérailles de victimes, faisant au moins 12 morts.
Des écrivains syriens ont publié lundi une déclaration commune pour dénoncer la répression sanglante des manifestations hostiles au président Bachar al Assad, traduisant l'indignation grandissante de l'élite intellectuelle après la mort d'une centaine de personnes ces trois derniers jours.Selon des organisations de défense des droits de l'homme, les forces de sécurité ont tué plus de 350 civils depuis le début de la contestation sans précédent du régime du président Bachar al Assad. Un tiers d'entre eux ont été tués au cours de ces trois derniers jours alors que la colère gagne du terrain dans le pays.La majorité des journalistes étrangers ont été expulsés, rendant impossible la vérification de la situation sur le terrain. Des vidéos publiées sur internet par des manifestants montrent des soldats tirant à...