"Cela ne concerne pas les militants" du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), dissous en mars par la justice tunisienne, indique le président de la Haute commission chargée de préparer le scrutin, dans un entretien publié mercredi par le quotidien Le Monde.
La décision de la commission d'interdire aux anciens cadres du RCD de participer à l'élection du 24 juillet, précise M. Ben Achour, "vise uniquement les membres du bureau exécutif, du comité central, les secrétaires généraux des comités de coordination et les présidents de cellule".
Interrogé sur la contradiction entre cette mesure et l'autorisation pour d'anciens ministres de Zine El Abidine Ben Ali de former leur parti politique, M. Ben Achour répond : "Le gouvernement tranchera".
"Mais la majorité des Tunisiens ne veut pas que l'on réintroduise par les élections ce qui a été dissous par la loi", ajoute-t-il.
Le 12 avril, la Haute commission avait décidé d'exclure de la candidature toute personne ayant assumé une responsabilité dans le gouvernement ou le RCD durant la totalité du règne de Ben Ali (1987-2011).
Cette mesure a suscité l'embarras du gouvernement et la polémique à travers le pays où le RCD a revendiqué jusqu'à plus de deux millions d'adhérents sur 10 millions de Tunisiens.
Yadh Ben Achour a par ailleurs jugé "encore immense" la tâche pour respecter la date de l'élection du 24 juillet, un scrutin crucial pour la toute jeune démocratie.
Outre la révision des listes électorales et la mise à jour des cartes d'électeurs, il faudra, selon M. Ben Achour, former "4.000 personnes" pour les 2.000 bureaux d'inscription, et "à nouveau 21.000 personnes" pour les 7.000 bureaux de vote.
"Cette opération coûtera environ 20 millions d'euros. Nous marchons sur la corde raide", a-t-il ajouté.


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