Ces contrôles renforcés, sans précédent depuis 2006, interviennent au moment où la Syrie, agitée par un mouvement de contestation inédit, accuse des "parties libanaises", dont un député, d'avoir fourni des armes et de l'argent à un "groupe terroriste" pour inciter au renversement du régime.
"400 à 500 camions, avec en majorité des plaques d'immatriculation syrienne et jordanienne, attendent depuis ce matin. L'inspection de chaque camion prend environ une heure, ce qui ralentit leur passage", a précisé ce responsable sous couvert de l'anonymat.
D'après lui, "ces contrôles durent depuis trois jours au point de contrôle d'Abboudieh (Dabboussieh du côté syrien)", point de passage menant à la ville syrienne de Homs.
Ce responsable n'a pas précisé les raisons motivant ces contrôles renforcés. Un homme présenté comme le chef d'un groupe "terroriste" par les médias officiels syriens, qui ont diffusé mercredi ses "aveux", a affirmé avoir reçu des armes et de l'argent d'un député libanais, Jamal al-Jarrah, via un membre des Frères musulmans (interdit en Syrie).
M. Jarrah est membre du groupe parlementaire du Premier ministre en exercice Saad Hariri, fils de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri assassiné en 2005. Lui et le mouvement de Saad Hariri, rival du mouvement chiite Hezbollah soutenu par Damas, ont nié toute implication.
La Syrie est le théâtre depuis la mi-mars de manifestations sans précédent du régime, durement réprimées par les forces de l'ordre qui ont tué plus d'une centaine de personnes, selon des militants des droits de l'Homme.
Ancienne puissance de tutelle au Liban pendant 30 ans, la Syrie a été obligée de retirer ses troupes de son petit voisin sous la pression de la rue et de la communauté internationale, après avoir été pointée du doigt dans le meurtre de Hariri.
Saad Hariri, en froid avec le président syrien Bachar al-Assad après l'assassinat de son père, s'était finalement réconcilié avec lui en 2009, après être devenu Premier ministre.
En 2006, des camions en provenance du Liban avaient fait l'objet d'inspections renforcées à la frontière, ce qui avait été interprété comme des mesures vexatoires de la part de Damas en raison de la déterioration des relations.

