Dans une déclaration écrite transmise aux médias, ces ONG -- dont Amnesty International, Human Rights Watch (HRW) et la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) -- ont demandé mercredi la tenue d'une session spéciale du Conseil des droits de l'homme de l'ONU sur la Syrie.
Ces ONG avaient déjà revendiqué courant mars la nécessité d'organiser des sessions spéciales sur la situation au Yémen et au Bahreïn, sans obtenir gain de cause jusqu'à présent.
En proie à des mouvements de contestation populaire sans précédent, la Syrie, le Yémen et le Bahreïn ont réprimé ces manifestations dans la violence, dénoncent les ONG.
Les ONG ont critiqué l'inaction de l'ONU vis-à-vis de ces pays, soulignant que le Conseil de sécurité avait su prendre des mesures concernant la Libye, la Côte d'Ivoire et l'Iran.
"Il est temps de dire que le Conseil doit réagir aux autres situations et il doit le faire rapidement avant que nous ne perdions une autre opportunité d'accroître la pression sur ces gouvernements afin de mettre fin à la répression", a affirmé Julie de Rivero, directrice de HRW.
"Un grand nombre de personnes qui critiquent le régime sont en détention au Bahreïn, le climat de peur est considérable et il faut une réponse internationale", a-t-elle souligné en conférence de presse.
Fahraz Sanei, chercheur au HRW, a expliqué qu'au Bahreïn la répression est telle que les étudiants, les manifestants, le personnel médical ou même de simples sympathisants interrogés par les chaînes de télévision internationales risquaient d'être arrêtés par les forces de sécurité, de se voir interdits de voyage ou même d'être licenciés.
Ce petit royaume arabe du Golfe gouverné par une dynastie sunnite a fait appel aux forces saoudiennes et émiraties pour réprimer les manifestations de sa population majoritairement chiite réclamant des réformes politiques.
Réunis à Ryad, les ministres des Affaires étrangères du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont accusé lundi Téhéran de "fomenter des complots visant la sécurité nationale" des six pays membres (Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, Oman, Qatar et le Koweït).
Des accusations rejetées mercredi par les défenseurs des droits de l'homme qui ont expliqué que le mécontentement populaire n'était pas uniquement lié à une influence sectaire mais surtout l'expression d'un mouvement de masse.
Pour sa part, l'Organisation internationale du travail (OIT) a également fait part mercredi de son inquiétude concernant le Bahreïn.
Dans un communiqué, son directeur Juan Somavia a indiqué avoir fait part de sa "grande préoccupation (...) dans une lettre datée du 1er avril adressée au Premier ministre de Bahreïn à propos des événements dans ce pays".
Il relève ainsi "en particulier les informations faisant état de nombreux cas de discrimination anti-syndicale contre des dirigeants et des membres de la Confédération générale des syndicats de Bahreïn (CGSB)".


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