Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad avait réclamé lundi "le départ des troupes étrangères" de Bahreïn et accusé le gouvernement bahreïni d'avoir "commis un acte hideux en tuant son peuple".
"Ces déclarations (...) n'aident pas à renforcer les relations entre nous", a déclaré le ministre bahreïni lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue turc Ahmet Davutoglu, en visite à Manama.
"Nous sommes deux pays voisins et nous ne voulons pas que nos relations soient affectées (...) nous ne voulons pas que la tension confessionnelle se maintienne dans la région", a-t-il encore dit.
Pour sa part, le ministre turc a affirmé que "Bahreïn a toujours été un exemple de coexistence communautaire entre sunnites et chiites", ajoutant que "la religion doit être un facteur de rapprochement et non de division".
Il a affirmé que la Turquie était "prête à tout effort pour contribuer à réduire la tension entre l'Iran et les pays du Golfe si on le lui demande".
Le gouvernement islamo-conservateur turc a notablement développé ses relations avec l'Iran et les Etats arabes ces dernières années afin de développer son influence dans la région.
Bahreïn, petit royaume arabe du Golfe gouverné par une dynastie sunnite, a connu de la mi-février à la mi-mars des manifestations sans précédent pour des réformes politiques qui ont été essentiellement animées par les chiites, majoritaires parmi la population autochtone.
Les forces de l'ordre ont mis fin à ces protestations après le déploiement à Bahreïn d'une force commune des pays du Golfe nommée "Bouclier de la Péninsule", dépêchée dans ce petit royaume pour prêter main-forte à la dynastie sunnite des Al-Khalifa.

