Pathik Root, 21 ans, a raconté dans cette interview diffusée lundi soir par CNN qu'il avait passé presque la moitié de sa détention confiné dans une petite cellule en compagnie de 22 autres détenus.
"J'ignorais complètement si quelqu'un savait où j'étais", a déclaré le jeune homme, qui a été libéré vendredi. "Heureusement, je n'ai pas subi de violences physiques, à mon avis en raison de mon passeport américain et parce qu'ils voulaient me montrer à la télévision à un moment ou un autre", a-t-il dit.
Pathik Root a raconté que ses compagnons de cellule étaient en majorité des Syriens et des Irakiens et que beaucoup d'entre eux avaient été "sévèrement battus. L'un a été battu jusqu'à ce que l'ongle d'un orteil se détache".
"Il y avait des rapports brutaux entre les gardiens et les prisonniers, y compris des électrocutions et Dieu sait quoi d'autre", a-t-il affirmé.
Pathik Root a raconté avoir été arrêté à Damas car les forces de sécurité l'ont vu utiliser son téléphone Blackberry "à une trentaine de mètres de la queue d'une manifestation". Il dit avoir été détenu parce que son passeport montrait qu'il s'était rendu au Yémen, en Arabie saoudite et en Egypte et avoir été interrogé plusieurs fois et accusé d'être un espion ou un journaliste.
Le département d'Etat a confirmé le 29 mars que trois Américains avaient été arrêtés à Damas au cours des jours précédents, et qu'un d'entre eux avait été libéré. Les deux autres, dont Pathik Root, ont été libérés le 1er avril.
Les manifestations qui durent depuis trois semaines en Syrie se sont soldées par des dizaines de morts. Les autorités syriennes ont nommé lundi un nouveau gouverneur à Deraa, épicentre de la contestation, et affirmé leur désir d'abroger rapidement la loi d'urgence. Les contestataires ont appelé à au moins trois manifestations cette semaine.

